Publié le 7 octobre 2025. Les efforts américains et alliés pour freiner le développement des semi-conducteurs en Chine se heurtent à des failles notables. Selon un rapport du Congrès américain, Pékin aurait ainsi acquis pour 38 milliards de dollars d’équipements de pointe destinés à la fabrication de ces composants cruciaux en 2024, contournant les restrictions existantes.
- La Chine a acheté pour 38 milliards de dollars d’équipements de fabrication de semi-conducteurs en 2024, soit une hausse de 66% par rapport à 2022.
- Des réglementations incohérentes entre les États-Unis, le Japon et les Pays-Bas permettent à des entreprises non américaines de vendre à la Chine des équipements interdits aux entreprises américaines.
- Le rapport préconise une interdiction généralisée de vente d’équipements de fabrication de semi-conducteurs à la Chine par tous les alliés.
Ce rapport émane du Comité spécial sur la Chine de la Chambre des représentants des États-Unis. Il met en lumière des lacunes dans les stratégies mises en place par Washington et ses partenaires pour limiter la capacité de la Chine à produire des semi-conducteurs de pointe. Les administrations américaines successives ont en effet cherché à restreindre cette production pour des raisons de sécurité nationale. Cependant, l’hétérogénéité des régulations appliquées par les États-Unis, le Japon et les Pays-Bas, trois acteurs majeurs dans le domaine, crée des opportunités pour la Chine.
En 2024, les entreprises chinoises ont réussi à acquérir pour 38 milliards de dollars d’équipements auprès de cinq grands fabricants spécialisés, sans contrevenir aux lois en vigueur, selon les informations consultées par Reuters. Cette somme représente une augmentation significative de 66 % par rapport à 2022, année où de nombreuses restrictions à l’exportation d’équipements et de matériaux liés aux semi-conducteurs ont été mises en place. Parmi les principaux fournisseurs figurent des géants comme Applied Materials (AMAT.O), Lam Research (LRCX.O), KLA (Klac.o), ASML (ASML.AS) et Tokyo Electron (8035.T). Ces ventes à la Chine représentent près de 39 % du chiffre d’affaires total de ces cinq entreprises.
Face à cette situation, le comité plaide pour une stratégie plus globale : une interdiction de vente d’équipements de fabrication de semi-conducteurs à la Chine qui serait appliquée par l’ensemble des pays alliés, plutôt que des embargos ciblés sur certaines entreprises chinoises spécifiques. Le rapport recommande également d’élargir la portée des réglementations existantes pour inclure les composants pouvant servir à la production d’équipements fabriqués localement en Chine. Mark Doherty, président de la filiale américaine de Tokyo Electron, a toutefois indiqué que les ventes de l’industrie vers la Chine commençaient à décliner cette année, citant de nouvelles réglementations et d’autres facteurs. Il a par ailleurs salué la coopération continue entre les gouvernements japonais et américain dans ce domaine.