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L’administration Trump met fin à une aide qui, selon elle, sauve des vies

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L’administration américaine réduit drastiquement son aide humanitaire à plusieurs pays africains, privilégiant désormais une approche axée sur les intérêts stratégiques des États-Unis plutôt que sur les besoins urgents des populations. Cette nouvelle vague de coupes budgétaires, qui intervient après un démantèlement partiel de l’USAID, soulève des inquiétudes quant à l’impact sur les populations vulnérables.

Selon un courriel interne du Département d’État révélé par The Atlantic, le financement humanitaire sera complètement interrompu dans sept pays africains : le Burkina Faso, le Cameroun, le Malawi, le Mali, le Niger, la Somalie et le Zimbabwe. Les programmes en cours, initialement prévus pour être renouvelés avant la fin de septembre, seront laissés à expirer. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une politique amorcée en février 2025, qui avait déjà conduit à la suppression de 92 % des financements de l’USAID, soit une économie prévue de 54 milliards de dollars (environ 49,7 milliards d’euros).

L’administration Trump avait déjà mis fin à toute aide à l’Afghanistan et au Yémen, invoquant des détournements de fonds par des groupes terroristes. Contrairement à ces deux pays, aucun motif spécifique n’est avancé pour justifier la suppression de l’aide aux sept nations africaines concernées. Le courriel interne indique simplement que les projets sont annulés car il n’existe « pas de lien fort entre la réponse humanitaire et les intérêts nationaux américains ». Les fonds seront réorientés vers neuf autres pays : l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Kenya, le Mozambique, le Nigéria, l’Ouganda, le Soudan du Sud et le Soudan.

Un porte-parole du Département d’État a déclaré que ces ajustements s’inscrivent dans une « transition responsable » des programmes de l’USAID vers de nouveaux mécanismes, avec des périodes d’exécution plus longues et des conditions de financement plus strictes. Des accords de financement de la santé ont récemment été signés avec certains gouvernements africains, notamment le Cameroun et le Malawi, mais ces accords se concentrent sur le renforcement des systèmes de santé et la lutte contre les maladies infectieuses, sans aborder directement les crises de faim et de déplacement de populations.

L’aide aux pays sélectionnés pourrait être acheminée via le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Cependant, des groupes humanitaires s’inquiètent de l’incertitude quant à la disponibilité et au calendrier de ces fonds. L’administration américaine a annoncé en décembre 2025 qu’elle limiterait ses contributions à l’OCHA à une liste initiale de 17 pays, excluant initialement les sept pays africains dont l’aide est désormais suspendue. Elle a également réduit sa contribution globale à l’OCHA à 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) pour 2026, une somme inférieure aux contributions habituelles.

Selon des experts en aide humanitaire, cette décision a pris de court de nombreux acteurs sur le terrain. L’approche adoptée par l’administration Trump en matière d’aide étrangère privilégie les intérêts américains et les retombées potentielles, plutôt que les besoins humanitaires. Au moins 6,2 millions de personnes dans les sept pays concernés sont confrontées à des « conditions extrêmes ou catastrophiques », selon l’ONU, mais ces pays n’offrent que peu de contreparties aux États-Unis en échange de leur aide.

La situation est particulièrement préoccupante en Somalie, qui subit une grave sécheresse et où des centaines de centres de santé et de nutrition ont déjà fermé leurs portes suite aux réductions de l’aide de l’année précédente. Médecins sans frontières a constaté une augmentation de 44 % des décès d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition sévère dans un hôpital régional qu’elle soutient. L’organisation Alight, basée au Minnesota, prévoit de fermer plus d’une douzaine d’établissements de santé en Somalie, privant jusqu’à 200 000 personnes de soins de santé.

L’administration Trump a insisté sur le fait que l’aide vitale était préservée, mais des rapports de décès liés aux coupes budgétaires se multiplient. En mars 2025, Elon Musk, chargé de l’efficacité gouvernementale, a affirmé sur X (anciennement Twitter) : « Personne n’est mort à la suite d’une brève pause pour vérifier l’intégrité du financement de l’aide étrangère. Personne. » Des affirmations similaires ont été faites par le secrétaire d’État Marco Rubio, mais elles sont contredites par les réalités sur le terrain.

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