Publié le 2025-10-14 16:17:00. Un nouveau chapitre du scandale du Dieselgate s’est ouvert lundi devant un tribunal londonien, impliquant plusieurs grands constructeurs automobiles face à des accusations de fraude sur les émissions. Ce procès pourrait concerner jusqu’à 1,6 million de propriétaires de véhicules.
- Mercedes, Ford, Peugeot/Citroën, Renault et Nissan sont poursuivis pour avoir potentiellement utilisé des logiciels afin de masquer les émissions polluantes de leurs véhicules lors des tests.
- Il s’agirait du plus grand procès public de l’histoire juridique anglaise et galloise, avec potentiellement 1,6 million de propriétaires concernés.
- Le jugement n’est pas attendu avant l’été prochain, et une nouvelle procédure pourrait s’engager à l’automne 2026 pour déterminer les indemnisations.
Le scandale du Dieselgate, qui a éclaté en septembre 2015 avec le groupe Volkswagen, continue de résonner dans les prétoires. Cette fois, c’est à Londres que le feuilleton judiciaire prend un nouveau tournant. Selon les informations du site Nouvelles de la BBC, cinq constructeurs automobiles – Mercedes, Ford, Peugeot/Citroën, Renault et Nissan – font face à des accusations selon lesquelles leurs véhicules seraient équipés de logiciels capables de détecter les conditions de test pour afficher des niveaux d’émissions de gaz nocifs artificiellement bas. Tous les constructeurs mis en cause rejettent fermement ces allégations.
Les avocats représentant les plaignants qualifient cette affaire de « plus grand procès public de l’histoire juridique anglaise et galloise ». L’ampleur potentielle est considérable, avec jusqu’à 1,6 million de propriétaires de voitures susceptibles d’être concernés. Face à cette dimension, les cinq constructeurs ont été désignés comme les principaux accusés pour une première phase de jugement.
L’origine du scandale remonte à une plainte de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) contre Volkswagen. Le constructeur allemand était accusé d’avoir truqué les tests d’émissions de ses véhicules diesel grâce à un logiciel dissimulant la véritable pollution émise en conditions réelles de circulation. En 2020, un tribunal britannique avait conclu que Volkswagen avait bien enfreint la réglementation européenne. Le groupe allemand a par la suite conclu un accord amiable avec quelque 91 000 propriétaires britanniques, versant une somme totale de 193 millions de livres sterling (environ 5,4 milliards de couronnes tchèques au taux actuel). Volkswagen a déjà déboursé plus de 32 milliards d’euros (778,6 milliards de couronnes tchèques) dans le cadre de ce scandale, en grande partie aux États-Unis.
Dans le cadre du nouveau procès à Londres, les magistrats devront déterminer si les systèmes installés dans les véhicules diesel des cinq constructeurs visés ont été conçus dans le but de contourner les législations relatives à la pureté de l’air. Les plaignants soutiennent que ces logiciels permettent aux voitures de distinguer les phases de test des conditions de conduite normales, en réduisant notamment la puissance du moteur lors des contrôles pour afficher des émissions d’oxydes d’azote inférieures à la réalité.
Les avocats des propriétaires devraient argumenter que leurs clients ont été induits en erreur quant au caractère écologique de leurs véhicules au moment de l’achat. Ils souligneront également que les voitures toujours en circulation continuent de rejeter des quantités dangereuses de polluants.
Malgré l’ouverture du procès, un jugement n’est pas attendu avant l’été prochain. Si les constructeurs automobiles devaient être déboutés, une seconde procédure visant à quantifier les dommages et intérêts pourrait débuter à l’automne 2026.