L’auteure irlandaise Anna McPartlin se confie sur son nouveau roman policier, « The Silent Ones », inspiré par une affaire marquante de sa jeunesse, et évoque son parcours d’écrivaine naviguant entre fiction littéraire et succès télévisuel.
Dans « The Silent Ones », Anna McPartlin nous transporte en 1980, dans le comté de Kerry. La découverte du corps d’un nouveau-né sur une plage déclenche une enquête où la Garda Mary Shea, d’abord marginalisée, se retrouve propulsée au cœur des investigations. Alors que les soupçons se portent sur les femmes du village, Mary doit naviguer entre les préjugés de ses collègues et la quête de vérité, quitte à risquer sa carrière et tout ce qu’elle représente.
Cette intrigue trouve ses racines dans la célèbre affaire des « Kerry Babies », qui avait profondément marqué la génération de l’écrivaine. « C’était le moment où les femmes irlandaises en avaient assez du patriarcat », explique Anna McPartlin. Son roman explore cette période trouble à travers une question centrale : qu’en aurait-il été si une femme avait fait partie des forces de l’ordre à cette époque ? L’auteure confirme d’ailleurs que le roman a été conçu pour une adaptation télévisuelle, un projet qu’elle souhaite voir se concrétiser.
McPartlin, dont la carrière littéraire a débuté en 2006 avec « Pack Up the Moon », a su diversifier ses activités, notamment en participant à l’écriture de deux saisons de la série policière « The Gone ». Elle confie avoir toujours eu un penchant pour le genre policier, et c’est grâce à la télévision qu’elle a obtenu la liberté d’explorer des thèmes variés, s’éloignant ainsi de la « fiction féminine » à laquelle elle était initialement cantonnée. La pandémie et les défis économiques n’ont pas freiné son élan, grâce à sa capacité à écrire dans différents genres et à travailler pour le cinéma et la télévision.
Son roman « Les derniers jours de Rabbit Hayes » (The Last Days of Rabbit Hayes), sélectionné par le Richard and Judy Book Club en 2015, aborde des thèmes difficiles. L’auteure révèle que cet ouvrage est un hommage à sa mère, décédée de la sclérose en plaques, ainsi qu’aux premiers amis de son mari, dont le chanteur principal a également été atteint de la même maladie. Ces expériences personnelles ont nourri une histoire particulièrement chère à son cœur.
Actuellement, Anna McPartlin travaille sur plusieurs projets : un film en post-production, un autre en phase d’écriture, le deuxième tome de sa trilogie des enquêtes de Mary Shea, et le début d’une production télévisuelle britannique en octobre.
Interrogée sur ses recommandations, elle cite le roman policier « La nuit où je l’ai tué » de Gill Perdue comme un « captivant thriller sur une femme portant un terrible secret et piégée dans un mariage dangereux ». Côté cinéma, elle recommande « Le Bureau » (The Office) pour son personnage de David Brent, qu’elle trouve « ridicule, malavisé, égoïste, vulnérable et pourtant, d’une manière ou d’une autre, complètement adorable ». Pour une lecture qui fait rire, elle suggère « Je ne suis qu’une personne » (I’m Just a Person) de Tig Notaro, et pour un livre capable d’émouvoir aux larmes, « Birdsong » de Sebastian Faulks, qu’elle décrit comme « une exploration obsédante de l’amour et de la futilité de la guerre ».
Sur une note plus personnelle, l’écrivaine partage sa plus belle découverte : le lac Tarawera en Nouvelle-Zélande, un lieu « magnifique et serein, avec une énergie indescriptible ». Si elle pouvait émettre une loi, ce serait l’inscription de l’accès à la contraception et à l’avortement sûr dans toutes les constitutions mondiales, affirmant que « la santé et l’autonomie des femmes ne devraient jamais dépendre de l’opinion publique ni être considérées comme un ballon de football politique ».
L’auteure exprime également sa profonde préoccupation face aux événements actuels, citant la guerre comme un événement public qui la marque : « Le génocide à Gaza nous marquera tous pour le reste de notre vie ».
« The Silent Ones » est publié par Canelo Crime.