Publié le 25 février 2026 16h13. Le gouvernement sud-africain s’apprête à ancrer dans la loi des règles budgétaires strictes, une mesure destinée à renforcer la confiance des investisseurs et à assurer la pérennité des finances publiques face à un endettement persistant.
Johannesburg s’engage à formaliser ses principes de gestion budgétaire afin de garantir la soutenabilité à long terme des finances publiques. Cette initiative, qui prendra la forme d’un « ancrage budgétaire » inscrit dans la législation, sera présentée dans le cadre du budget à mi-parcours, traditionnellement dévoilé en octobre ou novembre.
Selon le Trésor sud-africain, ces règles seront fondées sur des principes directeurs plutôt que sur des objectifs chiffrés précis. Duncan Pieterse, directeur général du Trésor national, a souligné l’importance de cette formalisation :
« Nous voulons nous assurer que cela soit inscrit dans la loi afin que l’exigence de soutenabilité devienne une obligation légale. »
La nouvelle législation budgétaire exigera de chaque administration entrante qu’elle élabore un plan à moyen terme pour garantir la viabilité budgétaire. Le Trésor met en garde contre les conséquences d’une gestion financière laxiste :
« Sans finances publiques soutenables, le coût du service de la dette consommera une part croissante des ressources disponibles de l’économie, dégradant l’investissement, la capacité productive et le niveau de vie. »
Le budget présenté mercredi prévoit une légère augmentation des déficits budgétaires consolidés pour les deux prochaines années, atteignant 4,0 % du produit intérieur brut (PIB) pour l’exercice débutant le 1er avril, contre une estimation précédente de 3,8 % du PIB. Cependant, la dette publique devrait diminuer, culminant à 78,9 % du PIB en 2025/26, avant de redescendre à 77,3 % du PIB en 2026/27.
Ces prévisions s’appuient sur des recettes fiscales plus élevées, stimulées par une croissance économique stable et la hausse des prix des matières premières. Malgré une reprise amorcée l’année dernière, la croissance économique reste modeste, avec des estimations de 1,4 % en 2025 et 1,6 % en 2026.
L’Afrique du Sud a enregistré trois excédents budgétaires primaires consécutifs, ce qui signifie que les recettes fiscales totales du gouvernement ont dépassé ses dépenses hors intérêts. Cette nouvelle législation vise à consolider ces progrès et à renforcer la confiance des investisseurs dans la première économie d’Afrique.