Publié le 29 janvier 2026. En Suisse, la fiscalité des couples mariés est un sujet de débat récurrent. De nombreux couples reportent ou renoncent au mariage en raison d’une « pénalité » fiscale qui les pénalise par rapport aux couples non mariés.
- Les couples mariés sont souvent plus lourdement imposés en Suisse en raison de la progressivité de l’impôt sur le revenu, calculé sur les revenus combinés.
- Cette « pénalité de mariage » affecte particulièrement les couples où les deux conjoints ont un revenu similaire.
- Une votation sur l’abolition de cette pénalité est prévue en mars prochain.
Se marier est traditionnellement perçu comme un engagement romantique. Mais pour de nombreux couples en Suisse, la décision de franchir le pas est désormais aussi une question financière. Dire « oui » peut signifier accepter une imposition plus élevée, une diminution de la pension, ou des difficultés financières imprévues. Cette « pénalité de mariage » pousse certains couples à reporter ou à renoncer complètement à leur union.
Le problème est connu des politiques depuis des décennies. Plusieurs tentatives d’abolition ont échoué, le débat portant principalement sur la manière de réformer le système fiscal. L’option privilégiée est une fiscalité individuelle, où chaque personne est imposée indépendamment de son statut marital – comme c’est déjà le cas pour les couples non mariés. Une telle réforme abolirait la pénalité, mais nécessiterait une refonte importante du système fiscal. La votation de mars prochain déterminera si une avancée est possible. Pour de nombreux couples, cette perspective représente un espoir.
Deux couples de la communauté de 20 Minutes témoignent de leurs motivations et de leurs attentes.
« On est pénalisés pour aimer »

Charlotte (34 ans) et Sevan (38 ans) sont ensemble depuis quatre ans et attendent leur premier enfant. « Nous avons longuement réfléchi à la question du mariage, notamment en raison des implications sur l’assurance », explique Charlotte. « Mais la pénalité de mariage est la principale raison pour laquelle nous reportons le mariage. » Issue d’un divorce, Charlotte n’a pas une vision conventionnelle du mariage. Malgré cela, la situation est frustrante. « On planifie l’avenir, on l’imagine – et puis ce frein se présente. »
Sevan rêve d’un mariage à l’église. Lorsqu’ils ont appris la grossesse de Charlotte, ils ont repris la discussion : « Nous avons tout pesé. Mais financièrement, se marier n’a aucun sens pour nous. » Ils ont donc opté pour la reconnaissance de paternité, une option moins coûteuse. « C’est comme si on nous pénalisait financièrement simplement parce qu’on s’aime. C’est disproportionné. » Charlotte déplore que ce qui devrait être un moment joyeux et romantique soit ainsi gâché. « On nous empêche de renforcer nos liens et il est absurde d’être punis pour aimer. » Elle ajoute avec détermination : « Dès que la pénalité de mariage sera abolie, nous nous marions immédiatement. J’ai vraiment hâte que ce jour arrive. »
« La frustration est grande »

Simon (31 ans) et Nicole (35 ans) vivent une situation similaire. Ensemble depuis cinq ans, ils sont fiancés depuis longtemps. « Cette pénalité est la seule raison pour laquelle nous ne nous sommes pas mariés », affirme Simon. Le sujet a été abordé dès le début de leur relation. « J’ai toujours dit : c’est hors de question. Nous ne comprenons pas pourquoi nous devrions être pénalisés pour notre bonheur. »
Ils placent désormais leurs espoirs dans la décision politique de mars : « J’espère vraiment que nous pourrons enfin planifier notre mariage après cela. » Simon exprime sa frustration : « Il est totalement inacceptable que l’État s’oppose à notre bonheur. » Cela n’a pas d’impact direct sur leur vie quotidienne, « mais c’est quand même désagréable – et triste aussi. »
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