Home International L’ancien président français Sarkozy entre en prison – DW – 21/10/2025

L’ancien président français Sarkozy entre en prison – DW – 21/10/2025

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Publié le 2025-10-21 10:56:00. L’ancien président français Nicolas Sarkozy a rejoint la prison de la Santé à Paris ce mardi matin pour y purger une peine de cinq ans, dont un an ferme, dans l’affaire dite des écoutes. Il devient ainsi le premier ancien chef de l’État français à être incarcéré depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

  • Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable de corruption, trafic d’influence et détournement de fonds publics dans le cadre de l’affaire des écoutes.
  • Il a été condamné à une peine de cinq ans de prison, dont un an ferme, avec ordre de maintien en détention immédiate.
  • L’ancien chef de l’État, qui clame son innocence, est entré à la prison de la Santé, à Paris.

Ce mardi matin, Nicolas Sarkozy a fait son entrée à la prison de la Santé, à Paris, pour y exécuter sa peine de cinq ans de prison, dont un an ferme. L’ancien président français, âgé de 70 ans, a été condamné en première instance pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite des écoutes, prononcée par le tribunal judiciaire de Paris en septembre. Il devient le premier ancien chef de l’État français à être incarcéré depuis Philippe Pétain, emprisonné à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour collaboration avec l’Allemagne nazie.

L’épouse de Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, a vu son mari être conduit en prison. Son avocat, Christophe Ingrain, a précisé que son client serait en détention « entre trois semaines et un mois », le temps d’examiner sa demande de libération conditionnelle. En référence à cette procédure, Me Ingrain a déclaré à Europe 1 : « À 10h00 (08h00 GMT) il sera en prison », et « quoi qu’il arrive », il y restera « entre trois semaines et un mois ».

L’ancien président, qui conteste fermement les accusations et a fait appel de sa condamnation, a été reconnu coupable d’avoir permis à ses associés de solliciter des fonds auprès de la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer illégalement sa campagne présidentielle de 2007. Cette condamnation, et surtout l’ordre de placement en détention immédiate, a suscité une vive polémique. L’appel du jugement devrait avoir lieu dans les prochains mois.

Pour éviter tout contact avec d’autres détenus et limiter les risques de photos volées, Nicolas Sarkozy devrait être placé dans l’une des 15 cellules de neuf mètres carrés de la zone d’isolement de la prison de la Santé. Il rejoindra ainsi d’autres personnalités ayant séjourné dans cet établissement, comme Carlos « Le Chacal » ou l’ancien dictateur panaméen Manuel Antonio Noriega.

Dès son arrivée en prison, ses avocats pourront déposer une demande de libération conditionnelle, une démarche facilitée par son âge. La justice disposera alors de deux mois pour se prononcer.

L’incarcération de Nicolas Sarkozy contraste fortement avec l’image de « dur » qu’il s’était forgée lorsqu’il était ministre de l’Intérieur (2005-2007), un poste qui l’avait propulsé à la présidence. Cette condamnation n’est pas la première pour l’ancien chef de l’État, déjà sous bracelet électronique en début d’année, et faisant face à d’autres affaires judiciaires.

Selon un récent sondage, six Français sur dix jugent son entrée en prison « juste ». Néanmoins, les critiques émises par ses soutiens sur une prétendue politisation de la justice ont trouvé un écho auprès de certains secteurs de droite et d’extrême droite. Le parquet a d’ailleurs ouvert une enquête sur les menaces proférées sur les réseaux sociaux à l’encontre du juge en charge de l’affaire. L’actuel président, Emmanuel Macron, a dû publiquement défendre l’indépendance de la justice.

Le président Macron a reçu Nicolas Sarkozy à l’Élysée vendredi dernier, expliquant que cette rencontre était « normale sur le plan humain ». Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a également annoncé qu’il rendrait visite à son « mentor politique » en prison. Cependant, le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a mis en garde contre le risque que cette visite « porte atteinte à l’indépendance des juges ».

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