Publié le 18 février 2026 à 11h39. L’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol attend son verdict dans une affaire historique de tentative de coup d’État, passible de la peine capitale. La sentence, attendue ce jeudi, pourrait marquer un tournant dans la démocratie coréenne.
- Yoon Suk-yeol risque la peine de mort pour avoir tenté d’imposer la loi martiale fin 2024.
- La Corée du Sud, bien que pratiquant un moratoire sur les exécutions depuis 1997, pourrait voir une condamnation à mort symboliquement forte.
- Le verdict sera rendu le jeudi 19 février à 15h00 heure locale (3h00 heure du Chili) et diffusé en direct.
Séoul attend avec une tension palpable le verdict du procès de Yoon Suk-yeol, l’ancien président sud-coréen destitué en avril 2025 pour violation de la Constitution. Il est accusé d’avoir tenté d’imposer la loi martiale à la fin de l’année 2024, une décision qui avait provoqué une crise politique majeure et des manifestations de grande ampleur.
Bien que la Corée du Sud n’ait pas procédé à une exécution depuis 1997, une condamnation à mort, même si elle n’est pas appliquée, aurait une résonance considérable dans l’opinion publique, où une partie importante de la population réclame la sanction la plus sévère pour l’ancien chef d’État. Le tribunal du district central de Séoul rendra son verdict jeudi à 15h00 heure locale (3h00 heure du Chili), et l’audience sera retransmise en direct à l’échelle nationale.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Han Byung-do, membre du Parti démocrate (DP) au pouvoir, a déclaré lors d’une conférence de presse :
« Il est de bon sens que l’insurgé Yoon Suk-yeol et son groupe, qui ont piétiné la Constitution et la démocratie, soient sévèrement punis. »
Han Byung-do, membre du Parti démocrate (DP)
Le porte-parole du PD, Baek Won-sik, a également critiqué l’ancien président, soulignant son manque de remords :
« Yoon n’a pas offert un seul mot d’excuses ou de réflexion », mais s’est limité à « se moquer » des citoyens du pays asiatique.
Baek Won-sik, porte-parole du PD
L’attente d’une sanction sévère a été renforcée par le récent jugement prononcé contre l’ancien Premier ministre Han Duck-soo, condamné à 23 ans de prison – huit années de plus que les réquisitions du parquet – pour son rôle dans la mise en œuvre de la loi martiale. Le tribunal avait alors qualifié cette mesure d’acte d’insurrection, créant un précédent juridique qui pourrait influencer la décision concernant Yoon Suk-yeol.
Yoon Suk-yeol avait invoqué la nécessité de protéger la population contre des « forces anti-étatiques » pour justifier l’instauration de la loi martiale le 3 décembre 2024. Cependant, cette mesure avait été rapidement annulée par le Parlement, suite à des protestations massives, et avait conduit à la destitution de l’ancien président en avril 2025.
Un sondage Realmeter publié le mois dernier révélait qu’environ 60 % des personnes interrogées étaient favorables à la peine de mort pour Yoon Suk-yeol.
Ce procès pour insurrection est le plus important des quatre procédures judiciaires auxquelles est confronté l’ancien président en lien avec la loi martiale. Il a déjà été condamné en janvier à cinq ans de prison pour entrave à la justice dans une autre affaire. D’autres accusations pèsent sur lui, notamment des abus de pouvoir liés à l’envoi présumé de drones en Corée du Nord dans le but de provoquer une crise et de justifier la loi martiale, ainsi que du parjure pour ses témoignages dans l’affaire Han Duck-soo.
Par ailleurs, Yoon Suk-yeol fait face à quatre autres procès non liés à la loi martiale. Sa femme, Kim Keon-hee, l’ancienne première dame, a récemment été condamnée à près de deux ans de prison pour corruption.