Publié le 2025-11-04 15:37:00. L’ancien vice-président américain Dick Cheney, figure controversée de l’administration de George W. Bush, est décédé hier à l’âge de 84 ans, emportant avec lui les souvenirs d’une ère marquée par l’expansion du pouvoir présidentiel et la guerre en Irak.
Sa famille a annoncé son décès, survenu dans la nuit, des suites d’une pneumonie et de problèmes cardiaques et vasculaires. Ils ont rendu hommage à un « homme grand et bon » qui aurait inculqué à ses proches des valeurs de « courage, d’honneur, d’amour, de gentillesse et de pêche à la mouche ».
L’homme politique républicain, qui fut le 46e vice-président des États-Unis de 2001 à 2009, avait déjà une carrière politique bien remplie avant de rejoindre George W. Bush sur le ticket présidentiel en 2000. Ancien membre du Congrès pour le Wyoming et secrétaire à la Défense sous George H.W. Bush, il était une figure influente à Washington.
Figure marquante de l’administration Bush, Dick Cheney est resté dans les mémoires pour sa défense acharnée de l’élargissement des prérogatives présidentielles, estimant que celles-ci s’étaient érodées après le scandale du Watergate. Il a également considérablement renforcé le poids du bureau du vice-président en le dotant d’une équipe de sécurité nationale influente.
Son mandat fut particulièrement marqué par son soutien fervent à l’invasion de l’Irak en 2003. Il fut l’un des principaux artisans de l’argumentaire basé sur l’existence supposée d’armes de destruction massive irakiennes, une affirmation qui s’est révélée infondée par la suite. Ces positions l’ont souvent opposé à d’autres membres de l’administration, comme les secrétaires d’État Colin Powell et Condoleezza Rice. Il a également défendu l’usage de techniques d’interrogatoire dites « améliorées », qualifiées de torture par de nombreuses organisations internationales et commissions d’enquête.
Dick Cheney a traversé une grande partie de sa vie des problèmes cardiaques, ayant subi sa première crise cardiaque à l’âge de 37 ans et une transplantation cardiaque en 2012. Sa fille, Liz Cheney, a également embrassé une carrière politique, devenant une figure républicaine influente à la Chambre des représentants, avant de perdre son siège pour s’être opposée à Donald Trump et avoir voté pour sa destitution après l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021.
Sur le plan personnel, Dick Cheney a partagé les valeurs familiales de ses parents, initialement sympathisants du New Deal. Lui-même s’est revendiqué comme le premier républicain de sa lignée depuis son arrière-grand-père ayant combattu aux côtés de l’Union pendant la guerre de Sécession. Après des études universitaires qu’il décrivit comme « médiocres », il retourna au Wyoming pour travailler avant d’obtenir ses diplômes. Il évoqua dans ses mémoires l’influence de John F. Kennedy sur sa jeunesse, le président l’ayant inspiré par sa vision d’un avenir meilleur.
Son parcours politique l’a mené à Washington en 1969, où il a occupé divers postes au sein des administrations républicaines de Nixon et Gerald Ford. Donald Rumsfeld fut l’un de ses premiers mentors. Durant ses dix années de mandat au Congrès, Dick Cheney s’est distingué par un bilan conservateur, votant notamment contre le droit à l’avortement, la libération de Nelson Mandela, et en faveur de mesures de contrôle des armes à feu.
Son épouse, Lynne Cheney, est devenue une voix conservatrice reconnue sur les questions culturelles. Leur fille aînée, Liz, a suivi les traces de son père, défendant une politique étrangère musclée. Durant sa vice-présidence, Dick Cheney fut souvent comparé à Dark Vador par les humoristes, une comparaison qu’il aurait accueillie avec une certaine délectation.
Malgré son soutien aux idées conservatrices, Dick Cheney a fait preuve d’ouverture sur certaines questions, notamment les droits des personnes LGBT+, prenant position en faveur des unions homosexuelles, ce qui l’a mis en désaccord avec certaines orientations de l’administration Bush. En 2006, il a défrayé la chronique après avoir accidentellement blessé un ami lors d’une partie de chasse.
Après avoir quitté ses fonctions, Dick Cheney a continué à faire parler de lui, notamment à travers le film biographique « Vice » en 2018, qui a dépeint son parcours de manière critique. Lors de la promotion de ses mémoires, il n’a pas hésité à régler des comptes avec d’anciens collaborateurs, qu’il qualifia de naïfs, et à remettre en question la vision du monde de Barack Obama concernant la prison de Guantanamo.