L’armée indienne a renforcé ses capacités opérationnelles grâce à l’intelligence artificielle (IA) lors de l’opération Sindoor, démontrant ainsi son engagement envers la sécurité nationale et le développement technologique.
Lors de l’opération Sindoor, menée contre le Pakistan, l’armée indienne a largement recours à des outils d’intelligence artificielle pour établir une image opérationnelle commune, analyser le renseignement, évaluer les menaces et effectuer des modélisations prédictives, y compris des prévisions météorologiques pour les frappes à longue portée. Selon le directeur général EME (Électronique et Mécanique), « l’IA a été largement utilisée pour la fusion de données multi-capteurs et la fusion de données multi-sources en temps réel durant l’opération Sindoor… au total, 23 applications aux tâches spécifiques ont été employées pour gérer les données et les entrées ».
Face aux avancées de la Chine dans la guerre dirigée par l’IA et à son soutien au Pakistan lors des hostilités transfrontalières du 7 au 10 mai, notamment par le biais de contributions satellitaires « en direct » sur les déploiements militaires indiens, l’armée indienne se positionne fermement. Elle s’inscrit dans le cadre de la « Mission Indiaai » sous une « approche nationale », tout en collaborant étroitement avec l’industrie et le monde universitaire.
Le lieutenant-général Sahni a souligné que, malgré les perceptions sur les capacités chinoises en matière d’IA, l’armée indienne est « bien préparée et axée sur la sécurité nationale, le développement de technologies d’IA indigènes et de solutions à utiliser dans les opérations, la logistique, les systèmes d’armes autonomes et autres ».
L’intégration de l’IA dans les fonctions clés de l’armée indienne, qui compte 1,15 million de soldats, s’inscrit dans un programme de transformation globale. Cet effort vise à améliorer la vitesse, la précision et la létalité des opérations militaires. Parmi les applications majeures déployées lors de l’opération Sindoor, le système électronique de collecte et d’analyse du renseignement (ECA) a permis d’identifier et de hiérarchiser les menaces critiques en temps réel, contribuant ainsi à « atteindre une domination stratégique ».
Le système « Trinetra », intégré au « Projet Sanjay », a fourni une image opérationnelle commune, favorisant une meilleure coordination, une conscience situationnelle accrue et une supériorité décisionnelle. « L’IA a également été mise à profit pour des outils de modélisation et de prévision météorologiques prédictifs, ce qui a permis une planification et un ciblage précis des unités d’artillerie et des vecteurs à longue portée. Ces innovations ont considérablement amélioré la préparation et la réponse opérationnelles de l’armée ».
Après la création d’un centre de recherche et d’incubation sur l’IA à Bengaluru en décembre dernier, l’armée développe également une « plateforme d’IA unifiée » indigène. Cette plateforme centralisera les applications opérationnelles, de renseignement, logistiques et de formation sur un cadre sécurisé unique. « Cela remplacera les systèmes fragmentés et permettra un déploiement validé de l’IA sous 24 heures, améliorant considérablement la préparation opérationnelle », a indiqué un officier.
L’armée met en place des cellules d’IA dédiées, crée des environnements cloud sécurisés et compatibles en périphérie pour les applications de champ de bataille et développe des systèmes autonomes basés sur l’IA, tels que des drones et des véhicules sans pilote. L’accent est mis sur l’IA dans les domaines où elle permet de « réduire les risques pour le personnel, d’améliorer la prise de décision et de renforcer la résilience ».