Publié le 30 octobre 2025 07:39:00. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a refusé la demande du Myanmar d’envoyer des observateurs pour ses élections prévues le 28 décembre, tout en laissant la porte ouverte aux missions bilatérales. Cette décision intervient après le récent sommet du bloc à Kuala Lumpur, où les appels à la fin de la violence dans le pays ont été réitérés.
- L’ASEAN n’enverra pas d’équipe d’observation électorale collectivement sous sa propre bannière.
- Les États membres sont libres de dépêcher leurs propres observateurs individuellement.
- Le Myanmar est pressé de mettre fin aux violences et d’engager un dialogue politique avant les élections.
Lors d’une conférence de presse à Jakarta, le secrétaire général de l’ASEAN, Kao Kim Hourn, a confirmé que les membres du bloc avaient discuté de l’invitation du Myanmar. La décision unanime a été de rejeter cette proposition, bien que Kao Kim Hourn ait souligné que chaque État membre conserve la liberté de procéder à des missions d’observation indépendantes. Cette position découle des appels répétés de l’ASEAN au Myanmar pour qu’il cesse les violences internes et entame un dialogue politique inclusif, conditions jugées nécessaires avant toute élection.
Le président philippin, Ferdinand « Bongbong » Marcos Jr., a récemment évoqué de légères divergences au sein de l’organisation concernant l’approche à adopter vis-à-vis des élections birmanes. Il a exprimé le souhait de voir l’ASEAN adopter une position commune d’ici décembre, tout en précisant que les Philippines pourraient agir de manière autonome si aucun consensus n’était trouvé. « Il serait de loin préférable que l’ASEAN agisse comme une seule. … [Si il n’y a pas de consensus] les Philippines avanceront toutes seules. Nous accepterons de ne pas être d’accord », a-t-il déclaré.
Le sommet de Kuala Lumpur a également marqué la passation de la présidence tournante de l’ASEAN de la Malaisie aux Philippines, Manille prenant officiellement les rênes du bloc en 2026. Parallèlement, les projets d’élections au Myanmar, sous le contrôle de l’armée, continuent de susciter des inquiétudes internationales. De nombreux acteurs craignent que ce scrutin ne soit qu’une façade visant à légitimer le régime de la junte militaire. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a également exprimé des réserves quant à l’équité du processus électoral.
Alors que le scrutin est prévu pour le 28 décembre, le Parti de la solidarité et du développement de l’Union, soutenu par l’armée, a déjà lancé sa campagne électorale. Pendant ce temps, la conseillère d’État élue démocratiquement, Aung San Suu Kyi, demeure détenue. Depuis le coup d’État militaire de février 2021, l’ASEAN tente de jouer un rôle dans la résolution de la crise birmane. Le bloc a élaboré un « consensus en cinq points » peu après le putsch, qui prône un arrêt immédiat de la violence et un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes. Ce plan reste la principale référence de l’organisation pour aborder la situation dans le pays.