Publié le 25 février 2026 23h00. Malgré les menaces de nouvelles sanctions américaines, les pays d’Asie du Sud-Est semblent vouloir maintenir leurs accords commerciaux avec Washington, privilégiant ainsi la stabilité économique et les relations bilatérales.
La décision récente d’une cour suprême américaine a uniformisé les règles tarifaires pour les importations en provenance d’Asie du Sud-Est, renforçant la compétitivité de la plupart des économies de la région. Avant ce jugement, les droits de douane variaient considérablement, le Laos subissant des taxes particulièrement élevées, jusqu’à 48 %, en raison de soupçons de transbordement de marchandises chinoises.
Le transbordement, qui consiste à réacheminer des produits via un pays tiers pour éviter les droits de douane américains, était une source de tensions commerciales. La Chine avait initialement été soumise à un droit de douane de 57 %, mais avait négocié une réduction à 47 %, un taux finalement inférieur à celui imposé au Laos.
Les principaux bénéficiaires de cette décision judiciaire devraient être le Vietnam et la Thaïlande, deux des plus importants partenaires commerciaux des États-Unis en Asie du Sud-Est. En 2024, le Vietnam a exporté pour 142 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis, tandis que la Thaïlande a expédié pour 66 milliards de dollars. À titre de comparaison, les exportations du Laos se sont élevées à 849 millions de dollars la même année.
Face aux menaces de l’administration Trump d’imposer des sanctions supplémentaires aux pays qui remettraient en question ces accords, les gouvernements régionaux semblent privilégier la prudence. Joanne Lin, chercheuse principale et coordinatrice du Centre d’études de l’ASEAN à l’Institut ISEAS-Yusof Ishak à Singapour, estime que les pays ayant déjà conclu des accords de réciprocité avec les États-Unis, comme l’Indonésie et la Malaisie, sont susceptibles de les préserver.
« Les États-Unis restent un partenaire clé en matière de sécurité, un leader technologique et l’une des plus grandes sources d’investissements directs étrangers en Asie du Sud-Est. La préservation de relations bilatérales plus larges restera une priorité. »
Joanne Lin, chercheuse principale et coordinatrice du Centre d’études de l’ASEAN à l’Institut ISEAS-Yusof Ishak
Donald Trump a menacé d’imposer des sanctions plus sévères aux pays qui tenteraient de contourner la décision de la Cour suprême, signalant ainsi sa détermination à défendre les accords tarifaires existants.
Cette situation souligne l’importance stratégique des relations commerciales avec les États-Unis pour les pays d’Asie du Sud-Est, même dans un contexte de tensions commerciales et de changements politiques.