Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche marque une reprise agressive de sa politique « L’Amérique d’abord », portant un coup sévère aux Nations Unies et au droit international. Cette approche nationaliste contraste fortement avec l’opinion publique américaine, qui soutient majoritairement la coopération mondiale.
Depuis son entrée sur la scène politique américaine, Donald Trump a manifesté une hostilité marquée envers les Nations Unies, une organisation fondée sur la coopération internationale et l’égalité des nations, visant à bannir la guerre et à promouvoir le progrès social. Sa vision, en opposition directe avec ces principes, prône un nationalisme américain affirmé, résumé par son slogan de campagne et son discours inaugural : « L’Amérique d’abord. » Ce leitmotiv a façonné son approche des affaires mondiales, le poussant à embrasser une identité « nationaliste », comme il l’a lui-même proclamé avec ferveur lors de meetings.
Au cours de son premier mandat, cette orientation nationaliste s’est traduite par une stratégie délibérée visant à démanteler les institutions clés de l’ONU et du système international. Les États-Unis se sont retirés de l’Accord de Paris sur le climat, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et de l’UNESCO. De plus, Washington a voté contre le Pacte mondial sur les réfugiés, suspendu le financement du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), et a même imposé des sanctions à la Cour pénale internationale (CPI), chargée de poursuivre les auteurs de crimes internationaux majeurs.
Ces mesures, bien que drastiques, ont été en grande partie inversées sous la présidence de Joseph Biden, qui a réintégré les États-Unis dans plusieurs organisations internationales. Cependant, l’élection de Donald Trump pour un second mandat en 2020 a vu la résurgence de cette politique nationaliste agressive.
Dès janvier 2025, lors d’une audition sénatoriale sur sa nomination comme ambassadrice auprès de l’ONU, la représentante Elise Stefanik a attaqué l’organisation, affirmant que l’argent des contribuables américains ne devrait pas soutenir des entités contraires aux intérêts américains. Le sénateur Jim Risch, président de la Commission des relations étrangères, a abondé dans ce sens, appelant à une réévaluation de chaque agence de l’ONU et suggérant même une remise en question de la participation américaine. « Les États-Unis devraient sérieusement examiner si de nouvelles contributions et, en fait, une participation à l’ONU seraient même bénéfiques pour le peuple américain », a-t-il déclaré.
Sous la nouvelle administration Trump, une offensive contre les institutions onusiennes et internationales s’est intensifiée. Les États-Unis se sont retirés de l’OMS, refusé de participer à l’UNRWA, annoncé leur intention de quitter l’UNESCO et réimposé des sanctions à la CPI. Au Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis ont utilisé leur droit de veto pour bloquer une résolution exigeant un cessez-le-feu permanent à Gaza et la libération des otages, une mesure soutenue par les 14 autres membres.
L’administration Trump a également cherché à paralyser l’ONU financièrement. En juillet 2025, une législation adoptée par le Congrès contrôlé par les Républicains a coupé près d’un milliard de dollars de financement précédemment alloué à l’organisation mondiale, menaçant ainsi une multitude de programmes essentiels tels que ceux de l’UNICEF, du PNUD, du PNUE, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU et du Fonds des Nations Unies pour les victimes de la torture.
Le projet de budget pour l’exercice 2026 propose même de mettre fin aux paiements pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU et de suspendre la plupart des autres contributions. Malgré la modestie des contributions américaines au budget ordinaire de l’ONU (820 millions de dollars annuels), les États-Unis ont accumulé une dette substantielle envers l’organisation, s’élevant à 1,5 milliard de dollars pour le budget ordinaire et 1,3 milliard supplémentaire pour celui des opérations de maintien de la paix.
Cette hostilité affichée envers les Nations Unies contraste vivement avec l’opinion de la majorité des Américains. Un sondage du Pew Research Center fin mars 2025 révélait que 63 % des personnes interrogées estimaient que leur pays bénéficiait de son appartenance à l’ONU, une tendance en hausse. De même, 57 % avaient une opinion favorable de l’organisation, en progression de 5 % par rapport à l’année précédente.
Une autre enquête menée par l’Université du Maryland en juin 2025 indiquait que 84 % des Américains souhaitaient que leur gouvernement collabore avec les Nations Unies, au moins au même niveau qu’actuellement. Ce soutien concerne une large gamme d’agences, y compris l’UNICEF (83 %), les opérations de maintien de la paix (81 %), le Programme alimentaire mondial (81 %), l’OMS (79 %) et le PNUE (73 %). Même envers la Cour pénale internationale, entité à laquelle les États-Unis n’ont jamais adhéré et que Donald Trump a critiquée, 62 % des Américains interrogés se sont montrés favorables.
Si l’approche « L’Amérique d’abord » séduit indéniablement les partisans les plus fervents de Donald Trump, une majorité d’Américains semble reconnaître que le monde moderne exige une ouverture au-delà des frontières d’un nationalisme étroit.