Publié le 2025-10-23 08:10:00. Tesla a dévoilé des résultats trimestriels mitigés, marqués par un chiffre d’affaires record mais un bénéfice inférieur aux attentes, dans un contexte de fin des crédits d’impôt et de tensions commerciales.
- Le constructeur a enregistré un chiffre d’affaires de 28,1 milliards de dollars au troisième trimestre, dépassant les prévisions.
- Le bénéfice par action a cependant fléchi, sous l’effet des droits de douane et des investissements en recherche et développement.
- La stratégie d’Elon Musk vers la robotique et l’IA est au cœur de la valorisation, mais les ventes de véhicules demeurent cruciales.
Malgré un chiffre d’affaires qui a atteint 28,1 milliards de dollars, dépassant les 26,37 milliards de dollars anticipés par les analystes pour le troisième trimestre clos le 30 septembre, Tesla n’a pas réussi à satisfaire les attentes concernant sa rentabilité. Le bénéfice par action s’est établi à 50 cents, manquant les prévisions de 55 cents. Cette performance s’explique en partie par l’impact des droits de douane imposés par l’administration Trump sur les pièces automobiles, qui ont coûté au groupe plus de 400 millions de dollars sur le trimestre, selon le directeur financier Vaibhav Taneja. Les coûts liés à la recherche et au développement, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, ont également pesé, entraînant une augmentation de 50 % des dépenses d’exploitation.
L’expiration récente d’un crédit d’impôt américain destiné aux acheteurs de véhicules électriques a engendré une ruée avant sa fin le mois dernier, dopant les ventes trimestrielles les plus élevées de l’histoire de Tesla. Cependant, cette mesure incitative ne sera plus là pour soutenir la demande, qui devrait globalement chuter d’ici la fin de l’année, tant pour Tesla que pour ses concurrents. Parallèlement, les revenus issus des crédits réglementaires, autrefois une source de profit significative pour les constructeurs, ont continué de diminuer, s’élevant à 417 millions de dollars, contre 739 millions de dollars un an auparavant.
La valorisation de Tesla, qui avoisine les 1 450 milliards de dollars, repose largement sur les paris des investisseurs concernant le virage stratégique du PDG Elon Musk vers la robotique et l’intelligence artificielle. Néanmoins, les ventes de véhicules restent le pilier financier de l’entreprise pendant cette phase de développement. Face à une demande potentiellement ralentie, Tesla a introduit des versions « standard » de ses Model Y et Model 3, plus abordables, avec moins de fonctionnalités, entraînant une baisse de prix d’environ 5 000 à 5 500 dollars. Les analystes restent cependant prudents, craignant que cette stratégie ne réduise les marges bénéficiaires, les économies réalisées par véhicule ne compensant pas entièrement la baisse des prix de vente.
Malgré ces défis, Tesla maintient une vision ambitieuse pour l’avenir. La production en série des robots-taxis Cybercab, des camions semi-remorques et de la batterie Megapack 3 est prévue pour 2026. Le secteur de l’énergie de l’entreprise affiche une forte croissance, avec une augmentation de 81 % du déploiement de solutions de stockage au cours du trimestre. Les projets robotiques avancent également, avec un début de production du robot humanoïde Optimus envisagé pour fin 2026, a précisé Elon Musk. Ce dernier a réaffirmé sa confiance dans la capacité de Tesla à augmenter sa production, s’appuyant sur les progrès de ses logiciels de conduite autonome, et a prédit une demande « folle » pour le Cybercab, assurant que les marges ne seraient pas compromises.
En juillet, Elon Musk avait estimé que les robotaxis Tesla pourraient desservir environ la moitié de la population américaine d’ici la fin de l’année. La société a initié un déploiement limité de son service de robotaxi autonome à Austin, au Texas, et prévoit que ces véhicules rouleront sans chauffeurs de sécurité dans une grande partie de la ville cette année, avant de s’étendre à huit à dix zones métropolitaines supplémentaires d’ici la fin 2025. Cependant, les marchés anticipent une baisse des livraisons de Tesla en 2025, estimée à 8,5 %, en raison de l’expiration des incitations fiscales, du recours à des modèles plus anciens et d’une concurrence accrue. L’adhésion du PDG à certaines positions politiques de droite a également été citée comme un facteur pouvant aliéner certains acheteurs potentiels.
« Tesla a distribué juste ce qu’il fallait de bonnes et de mauvaises nouvelles pour apaiser ses fans tout en fournissant suffisamment de preuves à ses détracteurs. Ce rapport sur les résultats ne fera changer d’avis personne sur Tesla. »
Shawn Campbell, conseiller chez Camelthorn Investments
Les observateurs financiers restent divisés. Certains, comme Nancy Tengler, PDG et directrice des investissements chez Laffer Tengler Investments, affichent un optimisme à long terme, reconnaissant la complexité des défis mais soulignant la détermination d’Elon Musk. Elle s’est déclarée confiante dans sa capacité à surmonter les obstacles historiques.