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Le Brésil, le Chili et le Mexique sont en tête des licenciements technologiques dans la région

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Publié le 22 février 2026 à 06:07:00. Après une période d’expansion rapide, le secteur technologique en Amérique latine connaît une vague de licenciements, touchant particulièrement les entreprises de services financiers numériques au Brésil, au Mexique et au Chili.

  • Entre 2020 et 2026, le Brésil, le Mexique et le Chili ont concentré le plus grand nombre de suppressions de postes dans les startups de la région.
  • Le Brésil est en tête des ajustements, avec Stone ayant licencié 1 300 employés, suivi de Pagbank et Oyo avec 500 chacun.
  • Le resserrement monétaire mondial et le déclin du marché des cryptomonnaies ont exacerbé les difficultés rencontrées par les entreprises technologiques.

La vague mondiale de licenciements dans le secteur technologique, qui a atteint son apogée au premier trimestre 2023 avec plus de 160 000 suppressions de postes à l’échelle mondiale selon les données de Layoffs, a également eu des répercussions significatives en Amérique latine. L’écosystème technologique de la région, après une période de croissance soutenue pendant la pandémie, est confronté à un nouveau cycle marqué par la recherche de rentabilité et l’efficacité opérationnelle.

Le Brésil se distingue comme le pays le plus touché par ces ajustements. Stone a annoncé la suppression de 1 300 postes, tandis que Pagbank et Oyo ont licencié 500 employés chacun. Deux des trois entreprises opèrent dans le secteur financier, ce qui confirme la vulnérabilité particulière des fintechs face à l’évolution des conditions de liquidité mondiales. L’écosystème brésilien, qui a levé le plus de capitaux pendant le boom numérique de 2020 et 2021, a été particulièrement affecté par la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis et la diminution des financements.

Au Mexique, les ajustements se concentrent également sur les services financiers et les actifs cryptographiques. Konfio et Bitso ont licencié 180 employés chacun, tandis que Kueski a supprimé 90 postes. Cette situation est le résultat de la convergence de deux phénomènes : le resserrement monétaire mondial et ce que l’on appelle « l’hiver des cryptomonnaies », qui a entraîné une baisse des valorisations et un accès plus difficile au capital pour les entreprises du secteur.

Bien que plus petit, l’écosystème chilien n’est pas épargné. Cornershop, une entreprise de technologie alimentaire, a annoncé 250 licenciements, suivie par des startups du secteur de la santé telles que Examedi et Batterfly. En Argentine, le secteur de la cryptographie est particulièrement touché, avec Lemon (100 licenciements) et Buenbit (80) en tête des suppressions de postes, Ualá, une fintech régionale, ayant également licencié 53 employés. La Colombie a enregistré des volumes de licenciements plus faibles, avec Tul (100 suppressions de postes) et Hunty (30 suppressions de postes).

Selon les analystes, cette dynamique régionale s’inscrit dans un cycle mondial plus large. Après le boom numérique stimulé par la pandémie, les startups ont embauché massivement, soutenues par des taux d’intérêt proches de zéro et une abondance de capital-risque. Avec l’inflation mondiale et le resserrement monétaire à partir de 2022, l’accès au financement s’est réduit et les valorisations se sont contractées. Le résultat est un changement de paradigme : les entreprises ont cessé de privilégier une expansion rapide et se sont concentrées sur l’efficacité opérationnelle et la rentabilité.

Certains comparent cette situation à la bulle internet des années 2000, où de nombreux créateurs de sites web avaient convaincu les investisseurs de débourser des sommes importantes pour des projets souvent peu viables. Finalement, la bulle a éclaté, entraînant une période de consolidation. Les analystes soulignent qu’il ne s’agit pas d’une crise structurelle de l’écosystème technologique latino-américain, mais plutôt d’une étape de maturation. Ils insistent sur le fait que le capital n’a pas disparu, mais qu’il est devenu plus exigeant.

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