Publié le 13 octobre 2025. Face à la recrudescence des crimes visant les ressortissants sud-coréens au Cambodge, Séoul renforce sa mobilisation. Le gouvernement et le parti au pouvoir annoncent la création d’une commission spéciale et envisagent des mesures d’urgence pour rapatrier les victimes et prévenir de futurs drames.
- Un groupe de travail interministériel a tenu sa première réunion pour coordonner la réponse aux crimes commis au Cambodge.
- Le rapatriement des citoyens en danger est la priorité absolue, avec l’option d’un retour progressif si nécessaire.
- Le parti démocrate propose la création d’une commission spéciale et des réformes législatives pour lutter contre la fraude à l’emploi à l’étranger.
Lors de la première réunion du groupe de travail interministériel consacré à la crise des ressortissants sud-coréens au Cambodge, Wi Sang-rak, directeur du Bureau de la sécurité nationale, a souligné l’urgence de la situation. « Si nécessaire, un rapatriement même progressif devrait être envisagé », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de rapatrier rapidement les concitoyens en péril. Des discussions ont également porté sur l’envoi d’enquêteurs sur place pour freiner la propagation des dégâts et travailler en coopération avec les autorités cambodgiennes.
Cette réunion, convoquée suite aux instructions du président Lee Jae-myung pour une réponse globale, a rassemblé les principaux ministères concernés, dont les Affaires étrangères, la Justice et l’Agence nationale de la police. Le porte-parole du bureau présidentiel, Kang Yoo-jeong, a précisé lors d’un point presse que la priorité était donnée au retour sécurisé des victimes. « Il est naturel de prendre des mesures contre les actes criminels des personnes incarcérées, mais d’un point de vue humanitaire, le rapatriement de nos personnes en danger doit être effectué rapidement », a-t-elle rapporté, citant le directeur Wi.
Sur le plan politique, le parti au pouvoir a également décidé de réagir fermement. Park Soo-hyun, porte-parole principal du Parti démocrate de Corée, a annoncé la création prochaine d’une commission spéciale dédiée à la lutte contre la fraude à l’emploi à l’étranger. Le parti compte également proposer des amendements législatifs pour renforcer la protection des citoyens sud-coréens à l’étranger. Le représentant Jeong Cheong-rae a plaidé pour des « contre-mesures urgentes » face à l’augmentation des crimes visant les Sud-Coréens hors des frontières nationales. Une révision de la loi sur l’assistance consulaire est notamment envisagée, afin de permettre aux chefs de missions diplomatiques d’agir proactivement en cas de disparition suspecte, même sans signalement familial direct. Cette initiative fait suite à une proposition de loi du représentant Park Chan-dae datant du 30 septembre dernier. Le gouvernement et le parti au pouvoir estiment en effet que de nombreuses autres victimes restent encore à identifier.
La question de la coopération policière avec le Cambodge a également été abordée. Le commissaire de police par intérim, Yoo Jae-seong, a reconnu un manque de fluidité dans les échanges : « Il est vrai que la coopération « de police à police » avec le Cambodge n’est pas relativement fluide par rapport à d’autres pays ». Il a toutefois affirmé que Séoul explorerait toutes les pistes, y compris via Interpol, pour faire pression sur les autorités cambodgiennes. Le directeur par intérim Yoo prévoit une rencontre le 23 octobre avec le chef adjoint de la police nationale cambodgienne, lors d’une conférence internationale des chefs de police, afin de discuter d’une collaboration renforcée et de l’établissement d’un « bureau coréen » sur place.