Publié le 2025-10-03 01:00:00. Le parquet chilien maintient que Diosdado Cabello, numéro deux du régime vénézuélien, est clairement impliqué dans l’enlèvement et le meurtre de l’ex-militaire dissident Ronald Ojeda, et n’écarte pas une demande d’extradition. Le gouvernement chilien, soutenant cette thèse, envisage de saisir la Cour pénale internationale.
- Le parquet chilien a souligné un « contexte clair » liant Diosdado Cabello à l’affaire Ronald Ojeda.
- L’enquête pointe vers un « crime politique » avec des liens potentiels avec le groupe criminel « Tren de Aragua ».
- Plusieurs membres de cette organisation criminelle ont été arrêtés au Chili et aux États-Unis.
Le parquet chilien a réaffirmé ce jeudi sa conviction quant à l’implication du ministre de l’Intérieur vénézuélien, Diosdado Cabello, dans l’enlèvement et le meurtre de Ronald Ojeda, un ancien militaire vénézuélien réfugié au Chili. Le procureur en charge de l’enquête, Héctor Barros, a déclaré dans une interview au journal Canal 24 Horas qu’il existait un « contexte clair qui pointe vers Diosdado Cabello », tout en reconnaissant qu’une « norme supérieure » était nécessaire pour formaliser une accusation. Le procureur a également prévenu que son bureau n’excluait pas une demande d’extradition si les preuves s’accumulaient contre le numéro deux du régime de Nicolás Maduro.
Ronald Ojeda, un opposant au gouvernement de Nicolás Maduro ayant obtenu l’asile politique au Chili, a été enlevé le 21 février 2025 à son domicile de Santiago. Son corps a été retrouvé dix jours plus tard, enterré sous un bloc de ciment dans une banlieue de la capitale chilienne. Le procureur Barros a qualifié le meurtre de « crime politique », malgré les complications constitutionnelles vénézuéliennes qui interdisent l’extradition de leurs ressortissants.
Cette affaire a mis à rude épreuve les relations déjà tendues entre le Chili et le Venezuela. Le gouvernement chilien, dirigé par le président Gabriel Boric, soutient la thèse du « mobile politique » avancée par le parquet. Santiago a déclaré qu’il n’hésiterait pas à saisir la Cour pénale internationale (CPI) si la participation de Diosdado Cabello était confirmée.
Ronald Ojeda, âgé de 32 ans, était membre d’un groupe militaire anti-chaviste. Il avait été arrêté par les autorités vénézuéliennes en avril 2017 pour sa participation à une tentative de coup d’État contre le régime de Maduro, avant de réussir à s’échapper. Dégradé et expulsé sans jugement par le régime vénézuélien, il avait obtenu l’asile politique au Chili en 2023. Selon le procureur Barros, Ojeda avait de nouveau tenté de déstabiliser le gouvernement vénézuélien peu avant son enlèvement.
L’enquête a également révélé des liens avec le groupe criminel transnational « Tren de Aragua », originaire de la prison vénézuélienne de Tocorón et dont les activités se sont étendues à plusieurs pays d’Amérique latine, notamment la Colombie, le Pérou, la Bolivie et le Chili. Ce gang est accusé de trafics de drogue, d’extorsion, d’enlèvements et d’homicides.
À ce jour, plusieurs membres de la cellule des « Pirates d’Aragua », présumée responsable de l’enlèvement et du meurtre de Ronald Ojeda, ont été arrêtés. Mercredi soir, un juge a ordonné le placement en détention provisoire de cinq membres de cette cellule, extradés des États-Unis. Parmi eux figure Edgar Benítez Rubio, surnommé « El Fresa », considéré comme l’un des principaux protagonistes de l’affaire. Le procureur Barros a précisé que « El Fresa » jouait un rôle clé dans la fourniture et la garde des véhicules nécessaires aux opérations d’enlèvement de la bande. Au total, 13 personnes sont actuellement détenues dans le cadre de l’affaire Ojeda, et 26 autres sont impliquées dans l’organisation criminelle des « Pirates d’Aragua ».