Publié le 10 février 2024 à 08h30. Le gouvernement irlandais doit examiner ce matin plusieurs dossiers majeurs, dont la suppression du plafond de passagers à l’aéroport de Dublin, une modernisation des forces de défense et des mesures de revitalisation urbaine.
- Le ministre des Transports sollicitera l’approbation pour légiférer sur la suppression du plafond de 32 millions de passagers à l’aéroport de Dublin.
- Un plan de modernisation et de rééquipement des forces de défense irlandaises sera présenté, incluant des mesures pour améliorer le recrutement et les conditions de travail.
- L’extension de l’initiative « Ville Vivante » à plusieurs villes supplémentaires est à l’étude, avec une prolongation du programme jusqu’en 2030.
La question du plafond de passagers à l’aéroport de Dublin, instauré en 2007 lors de l’approbation du terminal 2, est au cœur des discussions. À l’époque, l’aéroport accueillait 23 millions de passagers par an. Depuis, le trafic a explosé, dépassant désormais la limite fixée. Bien que le plafond ne soit pas actuellement appliqué en raison de contestations judiciaires devant les tribunaux européens, sa suppression figure parmi les engagements du programme gouvernemental.
Le projet de loi envisagé donnerait au ministre des Transports le pouvoir de modifier ou d’abolir ce plafond, évitant ainsi l’introduction de nouvelles restrictions. Cette décision intervient alors même que la DAA, l’autorité aéroportuaire, a suggéré un plafond de 40 millions de passagers dans ses propres plans d’infrastructure, soumis aux autorités de planification du comté de Fingal. Cependant, ces plans incluent également des demandes de nouveaux emplacements de stationnement pour avions, d’agrandissement des voies de circulation et d’amélioration de l’accès à l’aéroport, ce qui explique pourquoi le dossier n’est pas retiré à ce stade.
Parallèlement, le gouvernement examinera une mise à jour sur la mise en œuvre des recommandations de la Commission des forces de défense. La ministre de la Défense, Helen McEntee, présentera un nouveau plan stratégique axé sur le recrutement, la rétention du personnel, l’amélioration de l’équipement et des conditions de travail, ainsi que la revitalisation de la réserve et la réforme législative.
Dans le domaine du développement urbain, le ministre des Finances, Simon Harris, proposera d’étendre l’initiative « Ville Vivante » à Athlone, Sligo, Letterkenny, Drogheda et Dundalk, en plus des villes déjà éligibles (Dublin, Cork, Galway, Limerick et Waterford). Ce programme offre des allègements fiscaux aux propriétaires qui rénovent ou convertissent des bâtiments résidentiels ou commerciaux pour les mettre à la disposition de nouveaux habitants. Il sera également prolongé jusqu’en 2030 afin de lutter contre l’abandon et l’inoccupation des bâtiments.
Enfin, le ministre de la Culture, des Communications et des Sports, Patrick O’Donovan, détaillera le nouveau programme de revenu de base pour les artistes, qui prévoit un paiement hebdomadaire de 325 euros pour certains bénéficiaires. Lancé en 2022, ce programme avait suscité un fort intérêt, avec 8 000 candidatures pour 2 000 places attribuées par tirage au sort.
Le gouvernement examinera également une proposition du ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, visant à conclure un accord de coopération et d’échange d’informations avec la police nationale colombienne, afin de renforcer la lutte contre la criminalité transnationale. Un officier de liaison de la Garda est déjà présent en Colombie. L’Irlande estime qu’une coopération internationale accrue est essentielle pour lutter efficacement contre la criminalité et le terrorisme.
En matière d’infrastructure, le gouvernement prévoit d’accélérer les procédures d’approbation des grands projets de transport, d’énergie et d’eau de 20 semaines. Les investissements ne nécessiteront plus l’approbation de consultants externes dans les premières phases de développement, mais seront évalués par le Département des dépenses publiques et de la réforme. Les projets de grande envergure (entre 200 et 500 millions d’euros) pourront également être approuvés directement par le comptable compétent au sein d’un ministère, sans passer par une approbation ministérielle.
Ces mesures s’inscrivent dans une démarche plus large visant à accélérer la réalisation des projets d’infrastructure, notamment par le biais d’un examen des frais juridiques liés aux affaires environnementales et d’un élargissement des capacités de l’Agence nationale de financement du développement.