Le chef de la police de Dallas, Daniel Comeaux, a fermement démenti mardi les rumeurs persistantes selon lesquelles ses agents collaboreraient avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) lors d’arrestations liées à l’immigration. Il a affirmé que le département n’avait jamais participé à de telles opérations et a révélé le refus d’une offre de financement significative de la part de l’agence fédérale.
Lors d’une réunion du conseil de surveillance de la police communautaire, le chef Comeaux a été interpellé par plusieurs membres concernant une potentielle implication du Dallas Police Department (DPD) dans les actions de l’ICE. Face à ces interrogations, il a tenu à clarifier la position de son institution.
Des accusations infondées alimentées par les réseaux sociaux
Daniel Comeaux a déclaré catégoriquement qu’aucun de ses agents n’avait jamais participé à des arrestations d’immigration aux côtés de l’ICE. Il attribue la propagation de ces fausses informations à des publications trompeuses sur les réseaux sociaux, qui diffusent un « faux récit ». Selon lui, les vidéos circulant sur internet montrent en réalité des agents du DPD travaillant de concert avec les U.S. Marshals pour appréhender des fugitifs et des délinquants sexuels, et non pour des questions d’immigration.
« Chez DPD, nous ne faisons aucune surveillance en matière d’immigration. Nous n’avons pas l’autorité pour le faire, nous ne l’avons pas fait et nous ne le ferons pas non plus », a martelé le chef de police, soulignant ainsi le manque de compétence du département dans ce domaine.
Refus d’un financement de 25 millions de dollars
Poussé par les questions des membres du conseil, Daniel Comeaux a révélé avoir récemment refusé une offre financière conséquente de 25 millions de dollars proposée par le gouvernement fédéral. Cette somme était conditionnée à une participation du DPD au programme 287-G de l’ICE, qui permet une collaboration entre les forces de l’ordre locales et l’agence fédérale dans les missions d’arrestation et d’expulsion des immigrés.
« Nous avons été contactés par le gouvernement fédéral soit la semaine dernière, soit au cours des deux dernières semaines, et on nous a proposé 25 millions de dollars pour faire partie du 287-G, et nous avons répondu : « Absolument pas. Non ». C’est moi qui ai dit ça, j’ai refusé », a affirmé le chef Comeaux.
À ce jour, le DPD n’apporte son assistance à l’ICE que pour des demandes ponctuelles, telles que la sécurisation de périmètres ou le transport de personnes. Cependant, Daniel Comeaux s’inquiète qu’une attention médiatique continue sur ce qu’il considère comme un non-problème à Dallas puisse le transformer en un enjeu réel.
« Il ne se passe rien à Dallas, mais chaque fois que nous faisons quelque chose comme ça, nous attirons davantage l’attention sur Dallas. Nous n’avons pas besoin de cette attention. Nous ne voulons pas nous occuper de cette fumée », a-t-il conclu.
Le programme 287-G et la campagne de recrutement de l’ICE
Le programme 287-G de l’ICE, dont le financement permet le partenariat avec les forces de l’ordre locales, vise à renforcer les capacités d’arrestation et d’expulsion des immigrés. Plusieurs agences du nord du Texas, comme le service de police de Keller et divers bureaux de shérifs locaux, ont déjà adhéré à ce programme.
Le gouvernement fédéral cherche à étendre ce réseau. Une publicité télévisée est actuellement diffusée dans les régions de Dallas et Fort Worth, ciblant spécifiquement les services de police locaux. Cette campagne intervient un peu plus d’un mois après un événement de recrutement de deux jours organisé par l’ICE dans le nord du Texas, qui avait suscité des réactions négatives de la part de la communauté.