Publié le 10 février 2026 à 16h33. L’opposant vénézuélien Juan Pablo Guanipa, après une libération et une réarrestation rocambolesques, a finalement été assigné à résidence dans sa maison de Maracaibo. Cette nouvelle étape intervient dans un contexte de négociations complexes et de libérations conditionnelles de prisonniers politiques au Venezuela.
- Juan Pablo Guanipa, proche collaborateur de María Corina Machado, a été transféré à son domicile de Maracaibo et placé sous assignation à résidence.
- Sa libération initiale, suivie d’une réarrestation quelques heures plus tard, a suscité l’inquiétude et les accusations de harcèlement politique.
- Les autorités vénézuéliennes ont annoncé la libération de près de 900 personnes depuis décembre, dans le cadre d’un projet de loi d’amnistie en cours d’examen.
Après une semaine d’incertitude, Juan Pablo Guanipa est de retour chez lui. Son fils, Ramón Guanipa, a annoncé la nouvelle sur le réseau social X, exprimant son soulagement de pouvoir bientôt retrouver sa famille. Il a toutefois souligné que l’assignation à résidence ne constitue pas une libération complète et a réclamé la liberté de tous les prisonniers politiques vénézuéliens.
« Je confirme que mon père, Juan Pablo Guanipa, est chez moi à Maracaibo », a écrit Ramón Guanipa. Il a ajouté que son père reste « injustement emprisonné » et que sa famille exige sa pleine liberté.
L’affaire Guanipa illustre les tensions persistantes entre le gouvernement vénézuélien et l’opposition. Libéré dimanche dernier après huit mois de détention, l’opposant avait été à nouveau arrêté quelques heures plus tard, suscitant des accusations de « kidnapping » de la part de sa famille. Le parquet vénézuélien a justifié cette réarrestation par un non-respect des conditions initiales de sa libération.
Selon le ministère public, la révocation de la mesure conservatoire accordée à Juan Pablo Guanipa a été demandée en raison de « non-respect des conditions imposées ». Le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Diosdado Cabello, a affirmé que certains hommes politiques pensaient pouvoir agir en toute impunité et « embarrasser le pays ».
Ramón Guanipa a dénoncé ce qu’il considère comme un signal d’alarme pour les autres prisonniers politiques qui pourraient hésiter à s’exprimer après leur libération. Il a précisé que les seules conditions imposées à son père étaient de se présenter devant un juge tous les 30 jours et de ne pas quitter le pays.
Le parti Primero Justicia, auquel appartient Juan Pablo Guanipa, et sa famille ont confirmé ces informations. L’ONG Foro Penal, qui assure la défense juridique des prisonniers politiques au Venezuela, a recensé 426 libérations depuis l’annonce du processus de libération le 8 janvier. Les autorités vénézuéliennes, de leur côté, affirment avoir libéré 897 personnes depuis décembre.
Un projet de loi d’amnistie est actuellement en discussion au Parlement vénézuélien. Son adoption pourrait ouvrir la voie à la libération d’un plus grand nombre de prisonniers politiques, mais les conditions et les critères d’éligibilité restent encore flous.

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