Publié le 27 février 2026 10:22:00. Téhéran avertit que ses stratégies de retenue face aux États-Unis pourraient être abandonnées, en réponse à ce qu’il considère comme une escalade de la tension par Washington. L’Iran menace désormais de répliquer avec une force significative en cas d’attaque.
Les responsables iraniens laissent entendre une révision profonde de la doctrine militaire du pays, qui limitait jusqu’à présent le niveau de représailles en cas de conflit avec les États-Unis. Cette évolution intervient alors que les négociations indirectes avec Washington, concernant le programme nucléaire iranien, sont au point mort.
Selon le Financial Times, le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Abdolrahim Mousavi, a déclaré cette semaine :
« Dans le passé, notre stratégie consistait à empêcher l’escalade, mais les actions des États-Unis nous ont obligés à changer notre approche. »
Le général Mousavi a également mis en garde contre les conséquences d’une erreur de calcul, affirmant :
« Si nous commettons une erreur cette fois, nous infligerons d’énormes dégâts. Les forces armées sont prêtes à se battre jusqu’au bout. »
Une source proche du régime iranien a précisé que Téhéran cherche désormais à imposer de réels coûts aux forces et aux actifs américains en cas de conflit.
« L’Iran a réajusté sa doctrine militaire dans une direction qui impose de réels coûts aux forces et aux actifs américains en cas de conflit avec les États-Unis. »
Bien que l’Iran affirme ne pas souhaiter la guerre et espère que la reprise des négociations nucléaires à Genève, en Suisse, le 26 février, aboutira à un accord, il se montre inflexible :
« Nous nous battrons plutôt que de nous soumettre. »
Cette inflexibilité se traduit par une remise en question des signaux d’apaisement utilisés par le passé, comme les avertissements préalables aux attaques, notamment celle contre une base militaire américaine en Irak en 2020. Selon la source, toute cible à portée, y compris les bases militaires américaines dans le détroit d’Ormuz et les navires de la marine américaine, pourrait être visée.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Bagai, a toutefois rejeté l’idée d’une « attaque limitée », soulignant qu’une telle action pourrait rapidement dégénérer en un conflit plus large.
Des experts extérieurs restent sceptiques quant à la capacité réelle de l’Iran à infliger des dommages significatifs aux forces américaines, compte tenu de la supériorité militaire de Washington au Moyen-Orient et des récentes frappes israéliennes et américaines contre des cibles iraniennes en juin 2025. Ils craignent également que les avions de combat et les capacités de frappe à longue portée des États-Unis ne paralysent rapidement l’infrastructure militaire et économique iranienne.
L’Iran pourrait également envisager de bloquer la navigation dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport mondial de pétrole brut.