Publié le 2025-10-29 03:50:00. Le transfert de non-citoyens condamnés vers Nauru, dans le cadre d’un accord controversé avec l’Australie, suscite de vives inquiétudes quant au respect des droits humains. Le commissaire australien aux droits de l’homme dénonce un manque de transparence et des violations potentielles.
- La première expulsion d’une personne vers Nauru en vertu d’un accord d’un milliard de dollars (environ 1,6 milliard USD) pour la réinstallation de non-citoyens ayant un casier judiciaire soulève de « sérieuses préoccupations en matière de droits de l’homme », selon le commissaire australien aux droits de l’homme.
- L’Australie a accepté de payer 2,5 milliards de dollars australiens (environ 1,6 milliard USD) sur trois décennies à Nauru pour accueillir plusieurs centaines de non-citoyens expulsés.
- Cet accord relance les critiques des groupes de défense des droits de l’homme, qui dénoncent une politique d’abandon des réfugiés dans les États insulaires du Pacifique.
L’Australie, dans le cadre d’une politique visant à dissuader le trafic migratoire, renvoie depuis une décennie les demandeurs d’asile arrivant par bateau vers des centres de détention offshore. Nauru, dirigée par son président David Adeang, a accepté la semaine dernière 388 millions de dollars australiens (environ 252 millions USD) de l’Australie pour recevoir la première « cohorte spéciale » de personnes sous visas de 30 ans. L’île, qui compte 12 000 habitants et une superficie de seulement 21 km², dépend de l’aide étrangère.
La première expulsion, entourée de discrétion, a été qualifiée de « manque de transparence inquiétant » par la commissaire australienne aux droits de l’homme, Lorraine Finlay. Elle a rappelé que, comme l’a souligné le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, « l’externalisation de la gestion des demandeurs d’asile et des réfugiés ne dispense pas un État de ses responsabilités juridiques ». La Commission australienne des droits de l’homme est un organisme indépendant chargé d’évaluer le respect par le pays de ses engagements internationaux en matière de droits humains.
Dans le cadre de l’accord, Nauru recevra également un paiement annuel distinct de 20 millions de dollars australiens (environ 13 millions USD). Selon le président Adeang, 5,4 millions de dollars australiens seront consacrés au fonctionnement du programme, le reste étant destiné à des priorités budgétaires urgentes, telles que la santé publique et les repas scolaires. Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, n’a pas précisé le nombre exact de personnes transférées, mais a indiqué qu’une « vingtaine de visas » avaient été délivrés, soulignant que « lorsque le visa d’une personne est annulé, cette personne doit partir ».
Le ministre de l’Intérieur de Nauru, Tawaki Kam, a affirmé la semaine dernière que son pays s’engageait à assurer une installation « humaine et légale » des migrants, et que ces fonds renforceraient sa résilience économique. Il a assuré que ces personnes bénéficieraient de la liberté de mouvement, d’un traitement égal et d’un accès aux services essentiels. (1 dollar australien = 1,5389 dollars américains)