Publié le 7 octobre 2025 à 18h43. L’Union européenne propose de renforcer ses protections douanières sur l’acier pour soutenir son industrie face à la concurrence asiatique. Une mesure qui pourrait diviser par deux les volumes entrant en franchise de droits et imposer des droits de douane plus élevés.
- L’UE envisage de réduire de moitié les quotas d’importation d’acier en franchise de droits.
- Un droit de douane de 50% serait appliqué au-delà de ces nouveaux contingents.
- L’objectif est de protéger l’industrie sidérurgique européenne, notamment face aux importations chinoises subventionnées.
La Commission européenne a présenté une nouvelle stratégie pour le secteur sidérurgique européen, visant à limiter l’afflux d’acier à bas prix sur le marché communautaire. Selon les propositions, les volumes d’acier importés en franchise de droits seraient divisés par deux. Parallèlement, un tarif douanier de 50% serait institué pour les importations dépassant ces nouveaux seuils. Cette initiative, annoncée par le commissaire européen à l’Industrie, vise à contrer la concurrence jugée déloyale, notamment celle de la Chine, accusée de pratiquer des prix artificiellement bas grâce à des subventions d’État.
Actuellement, l’UE applique des quotas d’importation pour certains fournisseurs majeurs comme la Turquie et l’Inde. Au-delà de ces limites, un droit de douane de 25% est prélevé. La proposition actuelle vise à doubler ce tarif, dans l’espoir de réduire significativement les importations totales et, par conséquent, de stimuler la production nationale. L’industrie sidérurgique européenne traverse une période difficile, confrontée à des coûts énergétiques élevés et à la nécessité d’investir massivement dans la transition écologique, rendant la compétitivité accrue des producteurs étrangers particulièrement pénalisante.
La Chine, premier producteur mondial d’acier avec plus de 1 000 millions de tonnes produites l’année dernière (soit plus de la moitié de la production mondiale), est au centre des préoccupations. En comparaison, l’industrie allemande n’a produit qu’environ 37 millions de tonnes d’acier sur la même période. Des entreprises européennes majeures, telles que la division sidérurgique de Thyssenkrupp ou le groupe ArcelorMittal, sont actuellement en difficulté.
Ces nouvelles mesures tarifaires sont destinées à devenir permanentes et à remplacer le règlement actuel qui expire le 1er juillet 2026. Avant leur mise en œuvre, le projet devra être négocié et approuvé par le Parlement européen et les 27 États membres de l’Union. L’issue de ces discussions déterminera la capacité de l’Europe à soutenir son industrie stratégique.