Home Accueil Le Congrès rejette la proposition de Vox sur la burqa mais plusieurs groupes sont ouverts à « un débat sérieux » | Espagne

Le Congrès rejette la proposition de Vox sur la burqa mais plusieurs groupes sont ouverts à « un débat sérieux » | Espagne

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Publié le 17 février 2026 à 20h02. Une proposition visant à interdire le port de la burqa et du niqab dans l’espace public a été rejetée mardi au Congrès des députés, révélant un alignement inattendu entre le Parti populaire (PP) et l’extrême droite Vox, mais aussi une forte opposition de la gauche et d’autres partis.

  • Le PP et Vox avaient conjointement proposé d’interdire la burqa et le niqab, arguant d’un principe moral et de la nécessité de défendre les droits des femmes.
  • Cette initiative a suscité un vote divisé, avec 170 voix pour et 177 contre, mettant en évidence une nouvelle dynamique politique au sein du Congrès.
  • Le parti Junts a finalement rejeté la proposition, déposant une alternative plus nuancée, tout en critiquant vivement l’idéologie de Vox.

Un moment surprenant s’est produit au Congrès des députés : les députés de Vox se sont levés pour applaudir le discours de la porte-parole du PP, Ester Muñoz, en faveur de l’interdiction de la burqa et du niqab. Muñoz a qualifié cette interdiction de « principe moral qui nous définit en tant que nation », suscitant l’enthousiasme de l’extrême droite, auteurs du projet de loi initialement rejeté mardi.

Le PP avait cherché à mettre en avant son rapprochement avec Vox, dans un contexte de négociations régionales où un pacte avec l’extrême droite semble de plus en plus inévitable pour accéder au pouvoir. Alberto Núñez Feijóo, chef du PP, et Muñoz elle-même avaient souligné cette dynamique au cours du week-end précédent, en lien avec les négociations pour former des gouvernements en Aragon et en Estrémadure.

Le discours de Muñoz, dénonçant le voile intégral comme un « symbole de soumission » pour les femmes, a d’abord enflammé les rangs de son propre parti, avant de gagner l’adhésion des députés de Vox, qui se sont progressivement joints aux applaudissements jusqu’à se lever. Elle a déclaré :

« Ceux qui sont gênés par le fait que les femmes soient libres et égales ne devraient pas venir en Espagne. »

L’initiative n’a pas convaincu Junts, qui, jusqu’à la veille, n’avait pas pris position. Le parti de Carles Puigdemont a finalement présenté sa propre proposition de loi, tout en critiquant ouvertement Vox, qu’il qualifie de « fasciste ». La porte-parole de Junts, Miriam Nogueras, a déclaré :

« Ni burqa, ni Vox. »

Plusieurs autres partis, dont le PNV, la Coalition Canarienne (CC) et le PSOE, étaient ouverts à un débat sur la question, à condition qu’elle soit dissociée du discours anti-immigration de l’extrême droite. Le rejet de la proposition de Vox a permis de reconstituer une majorité d’investiture, un alignement qui avait disparu il y a quelques temps, et qui repose sur le rejet de Vox, perçu comme un épouvantail fédérateur pour la gauche et la droite souverainiste.

Au-delà de la proposition spécifique, le Congrès a rejeté le renforcement du discours « xénophobe et raciste » de Vox. Plusieurs porte-parole de gauche ont exprimé leur rejet de la burqa, tout en soulignant l’importance de la liberté religieuse. Andrea Fernández, du PSOE, a déclaré :

« Nous ne voulons pas pour les autres femmes ce que nous ne voulons pas pour nous-mêmes. »

Le débat a également mis en lumière les divergences sur les conséquences d’une éventuelle interdiction. Certains craignent que cela ne conduise à confiner davantage de femmes à leur domicile, comme c’est le cas, selon les estimations, pour 30 % des femmes concernées en France. Esther Gil de Reboleño, de Sumar, a souligné :

« Pensez-vous que la solution pour ces femmes est de leur infliger une amende, de les criminaliser, de les enfermer chez elles ? »

La représentante de Vox, Blanca Armario, a même évoqué des agressions contre des homosexuels d’origine maghrébine pour illustrer son argumentaire, tandis que d’autres ont dénoncé les « sinistres desseins » attribués à la gauche. Le rejet de la proposition de Vox ne clôt pas le débat, Junts ayant déjà déposé sa propre proposition, et le PNV proposant la création d’une sous-commission pour étudier la question.

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