Publié le 18 février 2026 à 20h22. Malgré le scepticisme européen, le gouvernement italien de Giorgia Meloni s’engage à maintenir un canal de communication direct avec Donald Trump, quitte à s’allier à son controversé « Conseil de paix ».
- L’Italie a accepté de participer en tant qu’observateur au « Conseil de paix » de Trump, malgré les conditions financières et politiques jugées inacceptables par d’autres pays européens.
- Cette décision suscite des critiques de l’opposition, qui accuse le gouvernement Meloni de se soumettre aux intérêts de l’ancien président américain.
- Rome justifie son choix par la volonté de conserver un rôle de premier plan dans la résolution du conflit à Gaza.
L’adhésion, même en tant qu’observateur, au « Conseil de paix » initié par Donald Trump n’était pas initialement prévue. Selon les règles établies par l’ancien président américain, seuls les membres permanents, versant une contribution d’un milliard de dollars (environ 925 millions d’euros), auraient un statut privilégié et rendraient compte directement à Trump, désigné à vie comme président du Conseil.
Paris, Berlin et Londres ont rapidement rejeté cette proposition. Rome avait également exprimé des réserves, mais s’est finalement résolue à accepter un rôle d’observateur, contrainte par la constitution italienne qui interdit de participer à une organisation où les droits ne sont pas équivalents pour tous les membres.
Concrètement, l’Italie ne disposerait pas des mêmes prérogatives que les États-Unis, dont Donald Trump entend conserver la présidence à vie, lui conférant un pouvoir de décision considérable, même au-delà de la prochaine élection présidentielle américaine.
« Sans un rôle d’observateur, l’Italie perdrait son rôle de leader dans la résolution du conflit à Gaza. »
Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères
Giorgia Meloni, se présentant comme une bâtisseuse de ponts et soucieuse de ne pas rompre le dialogue avec Donald Trump, a trouvé une solution de compromis. Peu après la création du Conseil, elle a évoqué la possibilité d’un statut d’observateur pour l’Italie.
Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a d’ailleurs justifié mardi devant le Parlement l’importance pour l’Italie d’être présente, au moins en tant qu’observateur, au sein de ce Conseil : « Sinon, l’Italie perdrait son rôle de leader dans la résolution du conflit à Gaza », a-t-il déclaré, soulignant que le « Conseil de paix » se positionne comme un acteur potentiel dans cette crise.
L’opposition accuse Meloni de vassalité
Toutefois, Antonio Tajani a éludé les questions sensibles, notamment l’absence de plusieurs grandes puissances européennes et le maintien du contrôle de Donald Trump sur le Conseil, et ce, potentiellement à vie. L’opposition parlementaire n’a pas manqué de soulever ces points.
Carlo Calenda, député centriste, a notamment accusé le gouvernement Meloni de se soumettre aux exigences de l’ancien président américain, le qualifiant de vassal de la famille Trump.
Un accès privilégié à Trump
Malgré ces critiques, Giorgia Meloni persiste dans sa volonté de participer à ce comité, même en tant qu’observateur. Elle souhaite à tout prix maintenir un accès direct et privilégié à Donald Trump, quel qu’en soit le prix. C’est ainsi que le ministre des Affaires étrangères se rendra à la première réunion de cette commission controversée, alors que la Suisse n’y sera représentée que par un observateur.
Cette stratégie n’est pas sans risque pour Giorgia Meloni. Donald Trump, selon les sondages, reste impopulaire en Italie. Un rapprochement trop marqué pourrait lui coûter cher lors des prochaines élections, surtout si les tarifs douaniers punitifs américains venaient à être rétablis.
Parallèlement, l’amélioration récente des relations entre Rome et Berlin, illustrée par les liens entre les dirigeants italiens et allemands, contraste avec la position européenne générale, qui se tient à l’écart du « Conseil de paix » de Trump. Le Vatican, également basé à Rome, a choisi de ne pas participer à cette initiative.