Publié le 27 octobre 2025. L’Institut néerlandais des droits de l’homme a conclu que Vluchtelingenwerk Nederland a discriminé un employé en raison de ses prises de position politiques concernant le conflit israélo-palestinien, allant à l’encontre de son propre code de conduite.
L’Institut néerlandais des droits de l’homme a rendu lundi son verdict : Vluchtelingenwerk Nederland a bien fait preuve de discrimination à l’encontre d’un de ses employés, en raison de ses affiliations politiques. L’employé en question se décrit comme « sioniste » et a exprimé publiquement ses opinions sur la situation entre Israël et la Palestine, notamment dans la presse et sur les réseaux sociaux.
Si le tribunal s’est également penché sur une possible discrimination fondée sur la religion ou la « race », étant donné que l’employé est juif et né en Israël, les preuves présentées n’ont pas été jugées suffisantes pour étayer ces accusations.
L’avis rendu par l’Institut révèle une application défaillante du code de conduite interne de Vluchtelingenwerk. Ce code stipule que les employés ne doivent pas exprimer d’opinions politiques. Or, l’employé visé a été confronté à des mesures disciplinaires suite à ses déclarations. Il a notamment reçu un avertissement officiel et a été contraint de masquer son titre professionnel et son employeur sur sa page LinkedIn.
La décision de l’Institut souligne une disparité de traitement flagrante par rapport à d’autres employés de Vluchtelingenwerk. Ces derniers, qui ont tenu des propos pro-palestiniens par exemple, n’ont pas reçu d’avertissement officiel pour leurs expressions politiques, ni été priés de dissimuler des informations sur les réseaux sociaux. Bien que Vluchtelingenwerk ait parfois demandé à d’autres employés de modifier ou supprimer des publications, cela intervenait généralement après leur diffusion. Dans le cas de l’employé concerné, il lui a été demandé, suite à plusieurs publications, de « ralentir le rythme » et de coordonner à l’avance tout nouveau message.
Le travail de Vluchtelingenwerk « affecté »
« Ce jugement nous affecte », a déclaré Vluchtelingenwerk Nederland dans un communiqué. « Nous prenons cette décision à cœur et nous allons bien sûr échanger avec l’employé concerné au sujet de cette déclaration. » L’organisation a tenu à rappeler son engagement en faveur de l’égalité de traitement, indépendamment de l’origine ou des préférences politiques.
Vluchtelingenwerk a précisé que son code de conduite ainsi que sa charte sur les réseaux sociaux avaient été mis en place en début d’année, et que des discussions régulières étaient menées sur la gestion de sujets sociaux et géopolitiques sensibles. « Ce jugement souligne clairement l’importance de poursuivre nos efforts dans ce domaine », a conclu l’organisation.