Publié le 2025-10-27 15:35:00. La Banque nationale bulgare (BNB) s’apprête à libérer plus de 16 milliards de leva détenus comme réserves obligatoires par les banques commerciales. Cette décision, qui prend effet le 1er janvier 2026, vise à aligner les pratiques bulgares avec celles de la zone euro, entraînant une réduction drastique des exigences bancaires.
- La Banque nationale bulgare (BNB) a annoncé l’annulation de l’ordonnance sur les réserves obligatoires des banques commerciales, effective dès le 1er janvier 2026.
- Cette mesure libérera plus de 16 milliards de leva (environ 8,18 milliards d’euros) actuellement bloqués par les banques.
- Le taux des réserves obligatoires passera de 12 % à 1 %, s’alignant ainsi sur le standard de la zone euro.
La décision du Conseil de la Banque centrale, annoncée lundi, supprime une exigence qui pesait lourdement sur les banques privées du pays. Jusqu’à présent, les banques devaient maintenir 12 % de leur base de dépôts en réserves obligatoires auprès de la BNB. Cette base de calcul sera également redéfinie, réduisant encore davantage les fonds immobilisés.
Les dernières données de la BNB, datant du 24 octobre, indiquent des obligations totales envers les banques s’élevant à 19,58 milliards de leva. Les estimations de la banque centrale, basées sur des données de mai 2025, chiffraient les réserves obligatoires à environ 16,3 milliards de leva lors de l’entrée potentielle dans la zone euro. L’annonce de lundi ne précisait pas d’évaluation plus récente.
Historiquement, les réserves obligatoires ont servi de rempart à la stabilité du système bancaire et ont été utilisées en Bulgarie comme un outil de ralentissement du crédit. Le taux avait été relevé de 10 % à 12 % à la mi-2023, retirant alors plus de 3 milliards de leva du système bancaire.
La perspective de voir ces vastes liquidités libérées a soulevé des interrogations quant à un possible emballement du marché immobilier, déjà marqué par une croissance annuelle de 27,6 % des prêts aux ménages en septembre 2025. Le gouverneur de la BNB, Dimitar Radev, avait précédemment évoqué des « étapes pour une réduction douce et maîtrisée des besoins [des banques] concernant leurs réserves minimales obligatoires ». Cependant, l’annonce de lundi ne détaille pas ces « mesures », suggérant que la banque centrale estime désormais qu’elles ne sont plus nécessaires, notamment suite à des clarifications récentes indiquant que l’alignement sur les pratiques de la zone euro est suffisant.
Les banquiers et la BNB s’attendent à ce que les fonds libérés ne soient pas immédiatement redirigés vers de nouveaux prêts. L’option privilégiée est que ces fonds soient volontairement placés sur une « facilité de dépôt » auprès de la banque centrale, similaire à ce qui existe dans la zone euro. Ce mécanisme permet aux banques de déposer des fonds sans risque auprès de la banque centrale, tout en percevant des intérêts. Le taux actuel de la facilité de dépôt de la Banque Centrale Européenne (BCE) est de 2 %. Pour un montant de 16 milliards de leva, cela représenterait environ 320 millions de leva d’intérêts annuels.
Actuellement, les fonds détenus en réserves obligatoires par les banques auprès de la BNB ne génèrent aucun intérêt (0%). La banque centrale, quant à elle, investit ces fonds et contribue au budget de l’État avec 75 % de ses bénéfices. Les banquiers assurent qu’il n’y a pas de risque de voir ces milliards affluer massivement sur le marché immobilier ou de déclencher un excès de prêts aux entreprises, arguant que le système bancaire est déjà très liquide et que les opportunités d’investissement limitent la capacité d’une telle croissance des crédits.
La BNB se veut rassurante quant à l’absence d’impact inflationniste. Les fonds placés en facilité de dépôt seraient des actifs pratiquement sans risque offrant un rendement positif. Par conséquent, la majorité des liquidités libérées des réserves obligatoires devraient y être transférées, maintenant ainsi les réserves bancaires totales à un niveau stable. La banque centrale anticipe donc que cette transition n’entraînera pas d’effets macroéconomiques significatifs sur la dynamique des prêts ou sur l’évolution des prix à la consommation. La BNB cite l’expérience de la Croatie, dont l’adhésion à la zone euro n’a pas conduit à un boom des prêts aux ménages, comme exemple.