À retenir
Le Département des Transports américain (DOT) a gelé neuf routes aériennes prévues par Viva Aerobus vers les États-Unis, portant un coup dur à l’expansion internationale de l’Aéroport International Felipe Ángeles (AIFA).
Cette mesure fait suite à des allégations de non-respect par le Mexique d’accords bilatéraux sur le transport aérien et à des problèmes de sécurité soulevés par le DOT.
L’AIFA, projet emblématique du précédent gouvernement mexicain, voit son développement international freiné alors qu’il commençait à peine à se connecter avec les États-Unis grâce à Viva Aerobus.
Contexte
L’Aéroport International Felipe Ángeles (AIFA), inauguré en mars 2022 en remplacement du projet avorté d’aéroport de Texcoco, est le fruit d’une stratégie gouvernementale visant à désengorger l’espace aérien de la vallée de Mexico. Dès sa création, l’AIFA a bénéficié du soutien de Viva Aerobus, compagnie aérienne mexicaine de premier plan, qui a effectué le vol inaugural de la plateforme. Cet engagement a été déterminant pour la stratégie d’expansion de la compagnie vers les États-Unis et pour faire de l’AIFA un hub de connectivité majeur.
Ce qui change
Le Département des Transports des États-Unis (DOT) a récemment suspendu 13 routes aériennes internationales au départ de l’AIFA, dont neuf appartenaient à Viva Aerobus. Ces vols, annoncés entre avril et août, devaient débuter durant le dernier trimestre de l’année. Parmi les liaisons suspendues figuraient des destinations clés comme Los Angeles, Chicago O’Hare, Dallas-Fort Worth, Denver, Houston, Miami et Orlando, ainsi que des vols vers Austin et New York, prévus pour la saison hivernale et le potentiel afflux touristique lié à la Coupe du Monde 2026. Aeroméxico, qui opérait les deux seules liaisons existantes entre l’AIFA et les États-Unis (vers McAllen et Houston), voit également ses vols gelés.
Les projets de Viva Aerobus pour l’AIFA étaient ambitieux : avant la décision du DOT, la compagnie prévoyait d’y exploiter 42 lignes d’ici la fin de l’année, dont 11 internationales, consolidant ainsi sa position d’acteur majeur sur cette plateforme. Le gel des vols internationaux constitue un frein significatif à la croissance de l’aéroport, qui, malgré une fréquentation nationale en hausse, peine à développer son offre internationale.
Prochaines étapes
Les restrictions imposées par le DOT surviennent dans un contexte de tensions entre les gouvernements mexicain et américain concernant le secteur aérien. Ces mesures font écho à la dégradation du statut de sécurité aérienne du Mexique en mai 2021, qui avait déjà limité l’ajout de nouvelles routes et fréquences vers les États-Unis pour les compagnies mexicaines. Le DOT allègue que le gouvernement mexicain ne respecte pas les accords bilatéraux sur les questions aériennes, notamment en ce qui concerne la réduction des créneaux horaires à l’Aéroport International de Mexico (AICM) et l’obligation de transférer les opérations de fret à l’AIFA. Les compagnies aériennes mexicaines se retrouvent dans une position délicate, leur marge de manœuvre étant désormais limitée, le dossier relevant d’un conflit entre gouvernements.
Chiffres clés
Fréquentation de l’AIFA (janvier-septembre) : 5,1 millions de passagers
Croissance de la fréquentation (janvier-septembre) : 15,7 % (par rapport à 2024)
Part de marché de l’AIFA : 3,6 %
Part des voyageurs nationaux à l’AIFA : Plus de 94 %
Routes internationales au départ de l’AIFA avant le gel : 2 (Aeroméxico : McAllen, Houston) + celles prévues par Viva Aerobus et d’autres comme Arajet, Conviasa, GullivAir.
Routes affectées par la décision du DOT : 13 au total, dont 9 pour Viva Aerobus.