Home Économie Le coût moyen de l’assurance automobile en hausse de 9 % en 2024 pour atteindre plus de 620 €

Le coût moyen de l’assurance automobile en hausse de 9 % en 2024 pour atteindre plus de 620 €

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Publié le 31 octobre 2025 10:19:00. Le prix de l’assurance automobile s’est envolé de 9 % en un an, atteignant une moyenne de 623 euros, selon la Banque centrale. Cette hausse s’explique en partie par l’augmentation des coûts liés aux sinistres, notamment les réparations, qui pèsent lourdement sur le budget des assurés.

  • Le coût moyen des sinistres par police a augmenté de 3 % pour atteindre 397 euros, un record depuis 2014.
  • Les réparations de véhicules représentent désormais 54 % des coûts de règlement des sinistres, une part en forte hausse.
  • L’Alliance pour la réforme de l’assurance dénonce une augmentation qui accentue la crise du coût de la vie.

La dernière analyse de la Banque centrale met en lumière une inflation significative des primes d’assurance automobile entre 2023 et 2024. Cette augmentation de 9 %, portant le tarif moyen à 623 euros, est directement liée à la hausse du coût des sinistres. En effet, les indemnisations moyennes par police ont grimpé de 3 % pour s’établir à 397 euros, un niveau inédit depuis 2014. Les réparations automobiles, en particulier, sont devenues un poste de dépense majeur, atteignant 192 euros par police, alors que les dommages aux véhicules, eux, restent inférieurs aux niveaux pré-pandémiques.

« En 2024, les réclamations pour dommages représentaient 54 % des coûts des réclamations réglées, une augmentation significative par rapport à la moyenne de 29 % observée entre 2015 et 2021 », précise Robert Kelly, directeur de l’économie et des statistiques à la Banque centrale. Il note cependant que le coût total des indemnisations pour préjudice réglé en 2024 était inférieur de 16 % à la moyenne de la période 2015-2019.

Ces hausses ont suscité l’inquiétude de l’Alliance pour la réforme de l’assurance, qui y voit un facteur aggravant de la crise du coût de la vie. Brian Hanley, directeur général de l’association, pointe du doigt les coûts de réparation des véhicules comme étant le principal responsable. « Nous avons constaté dans d’autres pays, y compris chez nos voisins les plus proches, une augmentation des primes automobiles, et cela est encore une fois dû aux coûts de réparation, en raison de problèmes de chaîne d’approvisionnement et du coût de la main-d’œuvre, etc. », a-t-il expliqué sur les ondes de RTÉ.

Brian Hanley rappelle toutefois que des réformes ont été introduites, notamment les lignes directrices en matière de dommages corporels, qui ont permis de stabiliser et d’aligner les indemnisations sur celles d’autres pays, avec une baisse d’environ 25 % de ces indemnités au cours des dernières années. Ivan Cooper, membre du conseil d’administration, soutient que malgré la flambée des coûts de réparation, les blessures représentent encore plus de la moitié du coût global du règlement des sinistres, appelant à une résolution plus rapide des cas via le comité de règlement des blessures.

De son côté, Insurance Ireland, représentant les compagnies d’assurance, met l’accent sur les frais juridiques excessifs. Moyagh Murdock, sa directrice générale, dénonce un environnement miné par des « frais de justice constamment élevés et des délais de règlement des litiges plus longs ». Elle souligne qu’en 2024, les frais de justice pour les litiges étaient supérieurs de 27 % à la moyenne 2015-2019 et représentaient 48 % du coût total des réclamations inférieures à 100 000 euros. « C’est frustrant, tant pour les consommateurs que pour les assureurs, que cela annule les avantages d’une indemnisation inférieure en vertu des lignes directrices sur les dommages corporels », a-t-elle déploré.

Face à ces constats, le ministre des Services financiers, Robert Troy, reconnaît que la hausse des coûts liés aux dommages a « érodé certains des gains réalisés » grâce aux réformes antérieures. Il a rappelé les avancées du nouveau plan d’action pour la réforme de l’assurance, notamment le renforcement du rôle du Conseil de résolution des blessures, qui traite désormais davantage de réclamations. Un code de transparence est en cours d’élaboration et un sous-comité du Cabinet sur la réforme de l’assurance se réunira prochainement pour faire le point sur les actions prioritaires.

Moyagh Murdock a, quant à elle, exhorté le ministre Troy à accélérer les mesures visant à maîtriser les frais de justice, qu’elle compte aborder avec le ministre de la Justice, Jim O’Callaghan. Le ministre Troy a par ailleurs encouragé les personnes ayant une réclamation légitime à privilégier le Conseil de résolution des blessures plutôt que les procédures judiciaires. « Le Conseil de résolution des blessures peut traiter cette réclamation en deux fois moins de temps. L’indemnisation qui vous sera accordée sera globalement similaire », a-t-il affirmé, soulignant que les frais juridiques y sont « un vingtième du coût d’un litige », rendant la procédure plus rentable et évitant ainsi l’augmentation des primes.

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