Publié le 2025-11-03 07:00:00. Le joaillier libanais Salim Mouzannar, dont les créations habillent les plus grandes célébrités mondiales, expose une facette de son art inspirée par sa ville natale, Beyrouth, et marquée par un engagement humanitaire.
- Salim Mouzannar tisse des liens forts avec Beyrouth, source d’inspiration constante et thème de sa dernière collection.
- La non-violence et l’espoir sont au cœur de sa démarche créative, qu’il considère comme le fil conducteur de son œuvre.
- Ses créations, recherchées par des stars internationales, naissent d’un processus intuitif et spontané, sans artifice promotionnel.
Depuis son atelier beyrouthin, où l’art et la minutie se rencontrent, Salim Mouzannar donne vie à des bijoux qui ont séduit des personnalités telles que Taylor Swift, Bella Hadid, Rihanna, Miley Cyrus ou encore Oprah Winfrey. Son style unique, alliant un savoir-faire d’exception à un message humanitaire profond, a fait de son nom une référence dans le monde du design. Beyrouth, sa ville, demeure son inspiration principale, une connexion intellectuelle et spirituelle qui transparaît dans chaque pièce.
Dans un entretien accordé à « An-Nahar », le créateur a exprimé son attachement indéfectible à Beyrouth : « Je connais Beyrouth dans ses moindres détails, dans ses recoins. Elle est pour moi un port dans mon esprit ; sa mer, ses quartiers, ses habitants m’insufflent une énergie vitale. Les idées y foisonnent, et je me sens spirituellement lié à cette ville. Ma collection s’inspire notamment de ses vieilles maisons, de ces arches qui ont presque disparu aujourd’hui. J’ai voulu rendre hommage à ces demeures, détruites pour diverses raisons. »
Pour Salim Mouzannar, la vie elle-même est une source d’inspiration : « La vie représente l’espoir, et l’espoir ne peut exister sans la peur. Quand on ressent la peur, on s’accroche davantage à l’espoir, et c’est de là que naissent les idées. Je peux générer des milliers de concepts différents, mais celui qui les unit tous est la non-violence. »

Le processus créatif débute souvent par une esquisse de formes et de directions, mais l’objectif est toujours d’atteindre un équilibre parfait entre l’œuvre et celui ou celle qui la portera. « Il faut que la pièce ne gêne ni le regard, ni la pensée, et qu’elle soit en adéquation avec son temps. Le temps est une idée fondamentale pour moi, et j’aime que nos créations soient intemporelles, qu’elles transcendent les époques. » L’inspiration peut surgir d’un rêve, d’une scène observée lors d’un voyage, ou d’un instant de contemplation. « C’est le chemin de vie qui raconte mes pensées », résume-t-il.
L’adhésion spontanée de célébrités internationales à ses créations est une source de fierté pour Salim Mouzannar : « Je suis heureux que des stars aient choisi mes créations. Mais ma plus grande joie vient lorsque ces démarches sont naturelles et spontanées, sans aucune promotion ni planification. La véritable créativité ne s’impose pas, elle se découvre. Taylor Swift, par exemple, a découvert mes bijoux par elle-même et les a appréciés, sans aucune sollicitation de notre part. »

Concernant l’évolution du goût artistique au Liban et dans le monde arabe pour l’acquisition de bijoux, Salim Mouzannar souligne que si les bijoux relèvent du luxe, leur savoir-faire et leur valeur artistique méritent une reconnaissance culturelle. « L’artisanat est essentiel pour transformer une idée en une œuvre aboutie ; même la plus belle idée perd de sa valeur si sa réalisation manque de précision. »
Il insiste sur l’importance d’une relation harmonieuse entre le créateur et celui qui porte sa pièce : « Je ne suis pas le centre de l’univers. Il existe de nombreux créateurs dans le monde de la joaillerie. Ce qui m’importe le plus, c’est que la relation entre le créateur et le porteur soit basée sur une culture mutuelle, une relation qui n’oppresse pas l’esprit et ne repose pas sur un défi ou une surenchère de valeur matérielle, mais plutôt sur l’harmonie entre l’art et l’esprit. »
Sa connexion profonde avec Beyrouth s’est notamment exprimée lors de l’événement « We Design Beirut », où il a exposé son œuvre « Lumière de Beyrouth ». « Le travail que j’ai présenté véhicule avant tout un message de paix et un appel à la non-violence, car notre région est malheureusement confrontée à des formes de violence contre nature. » Sa sculpture « Noor Beirut » (Lumière de Beyrouth) est un alliage de Corten massif et d’émail transparent en plusieurs couches, mariant des matériaux durs et délicats, symbolisant ainsi « la fragilité et la résistance ».
