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Le détroit d’Ormuz – pourquoi ce détroit est si important

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Publié le 21 février 2026 à 19h55. Les tensions croissantes au Moyen-Orient ravivent les craintes d’une fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole, avec des conséquences potentiellement graves pour l’économie mondiale.

  • Les négociations concernant le programme nucléaire iranien sont au point mort, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région.
  • Le détroit d’Ormuz, point de passage crucial pour le pétrole et le gaz liquéfié, pourrait être bloqué en cas d’escalade du conflit.
  • Une fermeture du détroit entraînerait une flambée des prix du pétrole et des perturbations majeures du commerce mondial.

La menace qui pèse sur le détroit d’Ormuz, voie navigable essentielle reliant le golfe Persique à l’océan Indien, est de nouveau sur toutes les lèvres. Les exercices militaires iraniens, illustrés par des images diffusées le 17 février 2026 par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), témoignent d’une préparation accrue, tandis que les discussions diplomatiques avec les États-Unis piétinent. La possibilité d’une interruption du trafic maritime dans cette zone stratégique suscite des inquiétudes quant à l’impact sur l’économie mondiale.

Le détroit d’Ormuz est le seul accès maritime au golfe Persique, d’où transitent les exportations pétrolières de l’Irak, du Bahreïn, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis. L’Arabie saoudite, bien que disposant de quelques ports alternatifs sur la mer Rouge, dépend également de cette voie pour une part importante de ses exportations. En 2023, le volume total de pétrole brut et d’autres liquides pétroliers transitant par le détroit a dépassé les 2,6 millions de barils par jour (1 baril = 159 litres), représentant environ 31 % du commerce mondial de pétrole brut, selon les données de la société d’études de marché Kpler. Environ un cinquième du commerce mondial de gaz liquéfié emprunte également cette route, notamment pour les exportations du Qatar.

Une fermeture du détroit d’Ormuz entraînerait inévitablement une forte hausse des prix du pétrole. Les économistes de Deutsche Bank Research, Robin Winkler et Marc Schattenberg, ont estimé que le prix du baril de Brent de la mer du Nord pourrait atteindre 120 dollars en cas de blocage, comme l’a souligné Cash. Cette augmentation se traduirait par une hausse des prix de l’énergie, une accélération de l’inflation et un ralentissement de la croissance économique, avec des répercussions potentielles en Suisse.

Le détroit d’Ormuz est situé entre l’Iran au nord et Oman et les Émirats arabes unis au sud. Son point le plus étroit, entre l’île de Larak (Iran) et Quoin (Oman), ne mesure qu’environ 38 kilomètres. Deux voies de navigation, chacune d’une largeur d’un peu moins de quatre kilomètres, permettent le passage des navires dans cette zone étroite.

La menace de bloquer le détroit d’Ormuz a déjà été utilisée par l’Iran comme moyen de pression politique. Lors de la guerre Iran-Irak dans les années 1980, Téhéran avait menacé de fermer la voie maritime, même si cela aurait affecté ses propres exportations. La « guerre des pétroliers » qui a suivi a vu les deux camps tenter de perturber les exportations de l’autre, avec des attaques contre les pétroliers et les navires marchands. En 2011 et 2012, l’Iran a de nouveau brandi la menace d’un blocage en réponse aux sanctions internationales concernant son programme nucléaire. Plus récemment, en mai 2019, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, ont été attaqués au large des Émirats arabes unis, à l’extérieur du détroit. En 2023 et 2024, l’Iran a saisi trois navires dans ou à proximité du détroit en représailles à la saisie de pétroliers iraniens par les États-Unis.

Les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, cherchent à diversifier leurs itinéraires d’exportation. L’Arabie saoudite exploite l’oléoduc Est-Ouest, d’une capacité de 5 millions de barils par jour, tandis que les Émirats disposent d’un pipeline reliant leurs champs pétroliers au terminal d’exportation de Fujairah, dans le golfe d’Oman. Cependant, ces alternatives restent limitées : selon l’ Administration de l’information sur l’énergie (EIA) américaine, elles ne permettraient de contourner qu’environ 2,6 millions de barils par jour en cas de perturbation du détroit d’Ormuz.

Une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz affecterait particulièrement les pays du Golfe, en particulier le Koweït, Bahreïn et le Qatar, qui ne disposent pas d’alternatives viables. L’Iran, qui exporte environ 1,5 million de barils de pétrole par jour via le détroit et dépend des revenus de ces ventes, serait également touché. Les principaux importateurs asiatiques, notamment la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, qui reçoivent plus de quatre cinquièmes du pétrole et du gaz liquéfié transitant par le détroit, subiraient également les conséquences.

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