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Le dissident cubain José Daniel Ferrer s’est exilé aux États-Unis

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Publié le 13 octobre 2023. L’opposant cubain José Daniel Ferrer a quitté l’île et s’est exilé aux États-Unis avec sa famille. Cette décision intervient après une longue période de détention et une pression gouvernementale, comme l’a indiqué le ministère des Affaires étrangères de La Havane.

L’activiste, figure de proue de l’Union patriotique de Cuba (UNPACU), la principale organisation d’opposition au régime, a embarqué le 13 octobre à destination des États-Unis, suite à une demande formelle du gouvernement américain et à son acceptation explicite. Cette annonce officialise la démarche entamée par sa famille quelques jours auparavant, suite à une lettre manuscrite de Ferrer révélant les conditions de son départ.

José Daniel Ferrer, 55 ans, est une figure marquante de la dissidence cubaine. Reconnu comme « prisonnier d’opinion » par Amnesty International, il a passé une grande partie des vingt dernières années en détention à Cuba, notamment suite à son rôle lors du « Printemps noir » de 2003, où il fut l’un des 75 prisonniers politiques. Il avait été libéré en janvier dernier dans le cadre d’un accord négocié avec le Vatican, mais avait été réincarcéré en avril.

Sa sœur, Ana Belkis Ferrer, s’est réjouie de son départ, le qualifiant de « bannissement » orchestré « avec la grâce du Seigneur », malgré la tension vécue ces derniers jours. Elle a confirmé le départ de son frère aux États-Unis, s’exprimant par message WhatsApp auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

Dans la lettre manuscrite datée du 10 septembre, dont la publication intervient maintenant, José Daniel Ferrer explique les raisons qui l’ont conduit à accepter un exil qu’il avait toujours refusé par le passé. Il y détaille la pression exercée par les autorités cubaines, qui souhaitaient qu’il formule des déclarations ou demande un dialogue à l’ambassade américaine et à l’Église catholique. Ferrer affirme avoir refusé de céder à ces « sales jeux des sbires de la tyrannie » et avoir fait le choix de partir principalement pour la sécurité de sa famille, victime d’une « persécution impitoyable », ainsi qu’en raison de la « frustration » face à la désunion et au manque d’efficacité de l’opposition.

Il y dénonce également la complaisance du « monde libre » face à ce qu’il qualifie de « tyrannie criminelle », considérant Washington comme le seul acteur à maintenir une position ferme et à soutenir véritablement l’opposition pacifique et le peuple cubain. Ferrer a également rappelé les mauvais traitements subis en détention, évoquant des « coups brutaux, actes de torture, humiliations, menaces de mort et autres traitements cruels, inhumains et dégradants », ainsi que le vol de ses provisions par les geôliers.

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