Home Économie Le dollar américain est confronté à un plafonnement alors que les écarts de taux commencent à se réduire

Le dollar américain est confronté à un plafonnement alors que les écarts de taux commencent à se réduire

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Les marchés scrutent attentivement les prochains indicateurs économiques, notamment les chiffres de l’inflation américaine, après un report de leur publication initialement prévue. Cette semaine, les divergences de politique monétaire entre les États-Unis, la zone euro et le Royaume-Uni pourraient influencer les taux de change et la trajectoire des principales devises.

L’attention se concentre particulièrement sur les données d’inflation américaines attendues vendredi. Si les indicateurs à haute fréquence suggèrent un ralentissement de l’inflation, celle-ci reste obstinément élevée, en particulier dans le secteur des services, maintenant l’inflation sous-jacente au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale (Fed). Les probabilités d’une baisse des taux d’intérêt en mars restent faibles, estimées entre 20 et 23 %, selon les données du CME FedWatch. Les investisseurs anticipent plutôt des réductions potentielles au milieu de l’année, une fois que les tendances de l’inflation et du marché du travail seront plus clairement établies. À plus long terme, les marchés tablent sur une baisse cumulée de 50 à 75 points de base d’ici 2026.

En zone euro, la situation est différente. La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a déclaré la semaine dernière que l’inflation était à un niveau satisfaisant, malgré les risques géopolitiques qui pourraient entraîner des fluctuations imprévisibles des chiffres à venir. Toutefois, la BCE ne basera pas ses décisions sur chaque publication de données. Les marchés monétaires anticipent un maintien ferme des taux, avec une probabilité d’environ 90 % qu’il n’y ait aucun changement lors de la réunion de mars 2026. Un assouplissement minimal, de l’ordre de 0 à 10 points de base, est envisagé sur l’ensemble de l’année, voire aucune réduction. L’inflation étant déjà égale ou inférieure à l’objectif, et un euro plus fort exerçant une pression désinflationniste, la BCE semble plus stable que la Banque d’Angleterre (BoE).

Le Royaume-Uni se distingue par une approche plus accommodante. Lors de sa dernière réunion, la BoE a maintenu ses taux à 3,75 %, mais avec un vote serré de 5 contre 4, quatre membres ayant même plaidé pour une baisse immédiate de 25 points de base. La BoE s’attend à ce que l’inflation retombe à 2 % à partir d’avril, et les marchés penchent pour une baisse au printemps. Les données économiques du Royaume-Uni jusqu’en mars/avril (salaires, indice des prix à la consommation des services et indice des prix à la consommation global) seront cruciales pour déterminer si les chances d’une réduction en avril augmentent, ce qui pourrait affaiblir la livre sterling.

En conclusion, les écarts de taux se réduisent, mais de manière inégale. Le biais d’assouplissement potentiel de la Fed limite la hausse du dollar, la stabilité de la BCE soutient l’euro, et la possibilité de nouvelles réductions de taux par la BoE introduit un risque de baisse pour la livre sterling. Les marchés anticipent que les taux d’intérêt aux États-Unis devraient baisser plus rapidement (de 50 à 75 points de base) que ceux de la zone euro.

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