Home Économie Le dollar américain grimpe alors que l’aversion au risque stimule la demande de valeurs refuges

Le dollar américain grimpe alors que l’aversion au risque stimule la demande de valeurs refuges

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Tensions sino-américaines : un répit temporaire sur les marchés financiers

Alors que le week-end a vu la tension monter entre les États-Unis et la Chine, les marchés financiers semblent avoir interprété cette escalade comme une tactique de désamorçage. Les devises ont rapidement effacé une partie des mouvements observés vendredi, dans l’attente d’une potentielle rencontre entre les deux puissances.

Un rebond des marchés après un vendredi chahuté

Avant le week-end, les marchés actions avaient connu des turbulences. L’indice américain S&P 500 avait enregistré sa plus forte baisse en six mois, tandis que les places asiatiques avaient globalement fléchi, le Hang Seng et les valeurs continentales qui y sont cotées accusant le plus fort recul (environ 1,5 %). Le marché taïwanais, rouvrant après ses congés, avait chuté de 1,4 %. En Europe, le Stoxx 600, qui avait perdu environ 1,7 % lors des deux séances précédentes, affichait une légère hausse de 0,35 % ce lundi. Les contrats à terme sur indices américains évoluent globalement dans le vert.

Sur le marché des changes, certaines devises avaient souffert avant le week-end, mais ont connu un rebond. Les monnaies du bloc dollar et la couronne norvégienne se sont raffermies, tandis que l’euro, la livre sterling et le yen voyaient une partie de leurs gains de vendredi s’éroder. Les devises des marchés émergents affichent une physionomie contrastée, le dollar taïwanais et le won sud-coréen se retrouvant en bas du peloton, à l’instar de la plupart des devises d’Europe centrale.

Les taux d’intérêt ont également réagi. Le rendement américain à 10 ans avait reculé de 10 points de base avant le week-end pour s’établir à 4,03 %. Les rendements des Antipodes ont baissé ce lundi, tandis que les rendements européens sont globalement un peu plus faibles. La situation politique française pèse sur le marché, son rendement à 10 ans reculant d’environ un demi-point de base.

Les matières premières ont connu des mouvements notables. L’or a atteint un nouveau sommet proche de 4 080 dollars, tandis que l’argent, influencé par sa compression, a légèrement progressé pour s’établir à 51,70 dollars. Le baril de pétrole WTI pour livraison en novembre avait chuté à près de 58,20 dollars avant le week-end, son plus bas niveau depuis mai, avant de tenter de repasser au-dessus des 60 dollars.

Focus sur les principales devises et leurs enjeux

Dollar américain (USD) : Malgré la fermeture des banques américaines ce lundi et l’absence de marché obligataire, les actions étaient négociées. Les investisseurs semblent moins préoccupés par la montée des tensions sino-américaines, bien qu’aucun accord définitif n’ait été trouvé. Les dates d’application des nouvelles licences d’exportation chinoises et des droits de douane américains de 100 % interviennent après une potentielle rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en marge du sommet de l’APEC plus tard ce mois-ci. L’absence d’un sommet bilatéral était déjà un signe de tensions. Les prélèvements portuaires sur d’autres navires entrent en vigueur demain. Le dollar s’est échangé dans une fourchette interne avant le week-end, et se négocie fermement, mais dans les limites de la veille. La fourchette clé de la semaine dernière, entre 98,70 et 99,55, reste à surveiller.

Euro (EUR) : L’escalade des tensions sino-américaines avait contribué au redressement de l’euro avant le week-end. Après avoir atteint un plus bas depuis le 1er août à près de 1,1540 dollar jeudi, il avait remonté à 1,1630 dollar avant de marquer le pas vendredi. Ce niveau de 1,1630 dollar a tenu en début de journée, l’euro revenant ensuite vers 1,1580 dollar. Deux événements marquants sont à signaler : d’une part, les Pays-Bas ont activé leur « Loi sur la disponibilité des marchandises » pour prendre le contrôle de Nexperia, une entreprise de semi-conducteurs chinoise basée aux Pays-Bas. Cette décision intervient après que les États-Unis aient décidé fin septembre d’ajouter automatiquement des filiales à des centaines d’entreprises chinoises dont la société mère figurait sur la liste d’entités américaines, une mesure qualifiée par Pékin de violation de la trêve commerciale. La décision néerlandaise, mise en œuvre le 30 septembre, a été rendue publique hier. D’autre part, après sa démission en début de semaine dernière, Édouard Philippe a été reconduit dans ses fonctions de Premier ministre de la France vendredi. Un nouveau gouvernement a été nommé et un vote de confiance est attendu dans les prochains jours.

Yuan chinois (CNY) : Le dollar s’est établi sur un plateau proche de 7,12 renminbi chinois (CNH). La semaine dernière, il s’est rapproché du retracement de 50 % de ses pertes depuis le 1er août, soit près de 7,1545 CNH. Il s’échangeait calmement entre 7,1320 CNH et 7,1455 CNH ce lundi. La Banque populaire de Chine a fixé le taux de référence du dollar à 7,1007 yuans (CNY), un nouveau plus bas pour l’année (contre 7,1048 CNY avant le week-end). Par ailleurs, la Chine a annoncé une hausse de 8,3 % de ses exportations en septembre en glissement annuel (contre 4,4 % en août), tandis que les importations ont bondi de 7,4 % (contre 1,3 %). L’excédent commercial s’est réduit à 90,45 milliards de dollars, contre 102,33 milliards de dollars. Sur les neuf premiers mois de l’année, l’excédent commercial chinois s’élève à près de 876 milliards de dollars, contre près de 695 milliards de dollars sur la même période en 2024. Ces chiffres témoignent d’une demande chinoise remplaçant la demande américaine.

Yen japonais (JPY) : Les marchés japonais étaient fermés ce lundi pour une fête nationale. Le dollar s’est négocié dans une large fourchette avant le week-end, marquant un renversement baissier majeur. Après avoir atteint un nouveau plus haut dans ce mouvement (environ 153,25 JPY), il a été vendu et a clôturé sous le plus bas de jeudi (environ 152,15 JPY). Ce lundi, il s’échangeait entre 151,65 JPY et 152,45 JPY, se rapprochant des plus hauts de la matinée européenne. La baisse des rendements du Trésor américain et les commentaires prudents du ministère japonais des Finances ont également encouragé une prise de bénéfices sur les positions longues sur le dollar.

Livre Sterling (GBP) : La livre a montré des signes de faiblesse, chutant avant le week-end à près de 1,3260 dollar, son plus bas niveau en deux mois. Elle semblait sur le point de baisser davantage, mais l’escalade des tensions sino-américaines l’a ramenée à 1,3370 dollar. Elle s’est stabilisée au-dessus du plus bas du mois dernier (environ 1,3325-35 dollar), ce qui contribue à un ton technique plus positif. Elle a atteint le retracement de 38,2 % des pertes de ce mois-ci (environ 1,3365 dollar). Lors d’un repli ce lundi, elle a trouvé un soutien proche de 1,3315 dollar. Le Royaume-Uni publiera ses données sur l’emploi demain. Une clôture sous 1,3320 dollar pourrait signaler un retour vers la zone des 1,3260 dollar.

Dollar canadien (CAD) : Les marchés canadiens étaient fermés ce lundi. Le billet vert a stagné lors des deux dernières séances près de 1,4035 dollar canadien (CAD). Il s’agit du niveau le plus élevé depuis avril, dépassant légèrement le retracement de 38,2 % de la baisse de cette année (situé autour de 1,4020 CAD). Les données sur l’emploi au Canada, meilleures que prévu, n’ont pas réussi à ramener le dollar américain sous sa moyenne mobile à 200 jours (environ 1,3975 CAD). Il oscillait autour de 1,40 CAD dans les dernières heures de la semaine dernière. Une cassure du plateau autour de 1,3920 CAD serait nécessaire pour suggérer qu’un plus haut est établi. Il s’est échangé ce lundi entre environ 1,3985 CAD et 1,4010 CAD.

Dollar australien (AUD) : Le ton plus faible du dollar américain ne s’est pas répercuté sur le dollar australien avant le week-end. Il s’agissait de la devise du G10 la plus faible, perdant un peu plus de 1 % pour revenir à des niveaux (environ 0,6480 dollar) qu’elle n’avait pas atteints depuis août dernier. Aucune vente supplémentaire n’a eu lieu ce lundi, et le dollar australien a atteint près de 0,6535 dollar, retraçant légèrement plus (38,2 %) ses pertes depuis le plus haut de jeudi dernier, près de 0,6610 dollar. Le retracement de 50 % se situe autour de 0,6540 dollar.

Peso mexicain (MXN) : L’aversion au risque avant le week-end a pénalisé le peso mexicain, sa baisse de 1 % étant la plus forte depuis fin juillet. Le réal brésilien a été encore plus touché, chutant de près de 2,4 %. Les inquiétudes budgétaires au Brésil ont alimenté cette tendance, tandis que le Mexique a signalé une baisse inattendue de sa production industrielle en août (-0,3 % contre une prévision médiane de +0,4 % dans l’enquête Bloomberg). Néanmoins, l’aversion au risque explique en partie la baisse de 0,66 % de l’indice des devises des marchés émergents JP Morgan, sa plus forte baisse journalière depuis fin juillet. Le dollar avait atteint 18,6050 MXN avant le week-end, son plus haut niveau en un mois, et se situait légèrement au-dessus du retracement de 50 % des pertes du billet vert depuis le 1er août. Le dollar s’est maintenu principalement en dessous de 18,54 MXN ce lundi, trouvant un soutien légèrement au-dessus de 18,44 MXN.

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