La Fed, les tensions sino-américaines et l’incertitude politique pèsent sur les marchés
Les marchés financiers mondiaux naviguent dans un climat d’incertitude, marqué par la persistance des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, l’attentisme de la Réserve fédérale américaine (Fed) et une instabilité politique persistante dans plusieurs régions. Le dollar américain reste sous pression, tandis que les places boursières et les marchés obligataires affichent des mouvements contrastés.
Le dollar américain sous les feux des projecteurs
La devise américaine connaît une journée difficile, affichant une faiblesse généralisée face à la plupart des autres devises. Cette situation survient dans un contexte où les acteurs du marché exigent une prime de risque plus élevée pour détenir des dollars, du fait de l’incertitude politique persistante et de la fermeture continue du gouvernement fédéral américain, aucune avancée significative n’étant à signaler de part et d’autre.
Contrairement aux attentes de certains observateurs, la Chine n’a pas cherché à déprécier sa monnaie, fixant le taux de référence du dollar américain à son plus bas niveau depuis novembre dernier. Sur le marché, le dollar s’est effrité, atteignant un plus bas de quatre jours près de 98,75. Les commentaires du président de la Fed, Jerome Powell, qualifiés d’accommodants par certains, n’ont pas suffi à inverser la tendance. Le rendement de l’obligation du Trésor américain à 10 ans reste d’ailleurs sous pression, s’établissant autour de 4,0 %. L’absence de résolution concernant la paralysie gouvernementale à Washington continue d’alimenter l’aversion au risque.
L’euro résiste malgré des vents contraires
La monnaie unique européenne a réussi à se maintenir au-dessus de 1,16 dollar, après avoir touché un plus bas de la semaine dernière près de 1,1545 $. L’euro est confronté à un double écueil : la faiblesse des données économiques européennes, avec une baisse de la production industrielle dans les quatre plus grandes économies de la zone euro, et une certaine instabilité politique, notamment en France. Le gouvernement français semble toutefois avoir trouvé un terrain d’entente sur la réforme des retraites et la consolidation budgétaire, ce qui pourrait apaiser les tensions. L’escalade du conflit en Ukraine, suite à l’envoi de missiles Tomahawk américains, ajoute une couche supplémentaire d’incertitude.
Les marchés asiatiques en légère hausse, le Japon sous surveillance
La plupart des grandes places boursières de la région Asie-Pacifique ont enregistré des gains supérieurs à 1 %, le Kospi sud-coréen affichant la meilleure performance avec une hausse de près de 2,7 %. Le yuan chinois, quant à lui, a légèrement reculé face au dollar, oscillant autour de 7,1250 CNH, malgré des indicateurs économiques chinois montrant un certain apaisement des pressions déflationnistes. Au Japon, le dollar s’est replié face au yen, tombant à un plus bas de six jours avant de se reprendre légèrement, dans un contexte politique tendu suite à l’effondrement de la coalition gouvernementale.
Le Royaume-Uni et le Canada dans l’attente de données économiques
La livre sterling a subi les contrecoups de la hausse du chômage, atteignant un plus bas depuis le 1er août, avant de se redresser modestement. Les investisseurs attendent les données du PIB britannique pour le mois d’août, qui devraient montrer une légère reprise après une stagnation en juillet. Au Canada, le dollar canadien est la devise du G10 la plus faible du jour, affecté par l’aversion au risque et les droits de douane américains sur le bois d’œuvre.
L’Australie et le Mexique sous pression
Le dollar australien est en difficulté, pénalisé par les tensions commerciales sino-américaines, notamment sur les terres rares et les batteries de véhicules électriques. La devise s’est stabilisée en deçà de sa bande de Bollinger inférieure, en attendant les chiffres de l’emploi pour septembre, qui pourraient révéler un essoufflement du marché du travail. Au Mexique, le peso subit l’aversion au risque, tout comme d’autres devises latino-américaines, malgré des ventes au détail qui devraient montrer une première hausse depuis mars.