Publié le 2024-04-01 15:00:00. Le dollar américain a fléchi mercredi, abandonnant une partie de ses récents gains face à un ton plus mesuré de Jerome Powell, ravivant les spéculations sur une possible baisse des taux d’intérêt. Parallèlement, l’euro a enregistré une progression notable, soutenue par l’évolution de la scène politique française.
- L’indice du dollar a reculé de 0,3% à 98,545 à 04h25 HE (08h25 GMT), après avoir pris plus de 2% le mois précédent.
- La Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé la porte ouverte à de futures baisses de taux, selon les propos de son président Jerome Powell.
- L’euro a gagné 0,3% face au dollar, atteignant 1,1637, bénéficiant d’une détente politique en France.
La monnaie américaine a vu sa valeur diminuer suite aux déclarations de Jerome Powell, président de la Fed, qui a évoqué la possibilité de nouvelles baisses de taux, soulignant que le marché de l’emploi américain « restait dans le marasme ». Les marchés financiers tablent désormais sur une réduction des taux de 25 points de base lors de la réunion de la Fed des 28 et 29 octobre, suivie d’une autre baisse en décembre et de trois supplémentaires en 2026, selon les données de LSEG. Les analystes du groupe ING notent une amélioration du sentiment de risque alimentée par de bons résultats bancaires américains et des commentaires de Powell jugés accommodants, bien que l’orientation générale des politiques monétaires semble peu changée par rapport à septembre. Les marchés anticipent un assouplissement total de 48 points de base d’ici la fin de l’année, un chiffre qui pourrait peu évoluer avant la publication de nouvelles données sur l’inflation et l’emploi. Les investisseurs attendent avec intérêt la publication du Livre Beige de la Fed, un rapport clé dans le contexte actuel de paralysie gouvernementale aux États-Unis.
Dans le même temps, l’euro a renforcé sa position. La paire EUR/USD s’est appréciée de 0,3% à 1,1637, après une hausse similaire la veille. Cette dynamique positive est largement attribuée à une résolution politique en France : le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est engagé à reporter la réforme des retraites, une revendication clé des socialistes, dans le cadre de la présentation du budget 2026. En contrepartie, le Parti socialiste a renoncé à voter une motion de censure. Cette concession gouvernementale améliore les perspectives d’adoption du budget, malgré un équilibre parlementaire toujours fragile. ING estime qu’en cas de survie du gouvernement au vote de censure, l’EUR/USD pourrait connaître une légère hausse et consolider un support autour de 1,1600. La livre sterling a également montré un regain de forme, le GBP/USD progressant de 0,2% à 1,3350, après avoir subi un repli la veille suite à des données révélant un ralentissement de la croissance des salaires au Royaume-Uni.
Le yen japonais et le yuan chinois ont également gagné du terrain face au dollar. L’USD/JPY a chuté de 0,4% à 151,30, les investisseurs ayant revu à la baisse leurs attentes quant à une politique budgétaire plus expansionniste sous l’égide de Sanae Takaichi, dont le parti est confronté à une incertitude politique suite au retrait du soutien de son partenaire de coalition, Komeito. L’USD/CNY a reculé de 0,2% à 7,1263, soutenu par un fixing plus fort de la Banque populaire de Chine. Les tensions commerciales ont refait surface suite à la menace des États-Unis d’imposer des droits de douane de 100% sur les produits chinois, Pékin réaffirmant par la voix du ministère du Commerce sa volonté de « se battre jusqu’au bout ». Les dernières données sur l’inflation en Chine, publiées mercredi, indiquent une baisse plus marquée que prévu des prix à la consommation en septembre et une troisième année consécutive de déflation des prix à la production. Bien que l’inflation sous-jacente ait atteint un pic de 19 mois, les signes d’une reprise économique généralisée restent discrets. Le dollar australien, quant à lui, s’est apprécié de 0,5% face au billet vert, l’AUD/USD atteignant 0,6518, bénéficiant de la faiblesse globale du dollar américain.