Les tensions s’intensifient au Moyen-Orient alors que l’administration Trump maintient la pression sur l’Iran en fixant un délai de quelques jours pour parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien. Cette situation, conjuguée à des données économiques américaines encourageantes, a provoqué des fluctuations sur les marchés mondiaux, avec une hausse du pétrole et une appréciation du dollar.
Donald Trump a annoncé qu’il attend un accord « significatif » avec Téhéran d’ici 10 à 15 jours, suite à des négociations jugées « très bonnes » à Genève. Cependant, il a également averti que des « mauvaises choses » pourraient se produire si l’Iran ne répondait pas aux exigences américaines. Le Wall Street Journal rapporte que l’administration envisage des frappes militaires limitées contre l’Iran en cas d’échec des négociations, ce qui pourrait entraîner une escalade régionale.
Cette incertitude géopolitique a immédiatement eu un impact sur le marché pétrolier. Les contrats à terme sur le pétrole ont enregistré une hausse de plus de 5,5 % sur la semaine, atteignant leur plus haut niveau depuis six mois. Les craintes d’une interruption de l’approvisionnement, notamment via le détroit d’Ormuz – par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial – soutiennent les prix. Le baril de pétrole se négociait à 66,26 $ (environ 60 €) en fin de journée, après avoir brièvement dépassé les 67 $. La diminution des stocks de brut américains, révélée hier par l’EIA, a également contribué à cette dynamique haussière. L’évolution future des prix dépendra toutefois de la résolution de l’impasse entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que des décisions de l’OPEP+, qui pourrait reprendre ses augmentations de production en avril.
L’or, traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période d’incertitude, a connu un rebond en milieu de semaine, mais peine à franchir la barre des 5 000 $ (environ 4 600 €). Le métal précieux est freiné par la vigueur du dollar, qui profite de la bonne santé de l’économie américaine. Une clôture au-dessus de 5 042 $ serait nécessaire pour terminer la semaine en territoire positif.
Le dollar américain a atteint son plus haut niveau depuis le 23 janvier, soutenu par des indicateurs économiques américains solides et le recul des anticipations de baisse des taux d’intérêt. L’indice du dollar a progressé malgré le fait que les prévisions de réduction des taux d’intérêt à la fin de l’année n’ont que légèrement diminué. La livre sterling a souffert de la faiblesse des données économiques britanniques, mais bénéficie d’un certain soutien à 1,3430 $. L’euro, quant à lui, reste stable malgré des indices PMI allemands supérieurs aux prévisions.
Le yen japonais continue de subir des pressions, après que la Banque du Japon a revu ses taux d’intérêt à la hausse en janvier, soulevant des doutes quant à sa politique monétaire. L’attention des marchés se portera également sur la publication des chiffres avancés du PIB et de l’inflation aux États-Unis. La croissance économique américaine a probablement ralenti au quatrième trimestre, passant de 2,8 % à 2,9 % en décembre. Une surprise à la hausse pourrait renforcer davantage le dollar.
Enfin, les marchés boursiers affichent un sentiment mitigé. Walmart a déçu avec ses perspectives de bénéfices pour 2026, mais le S&P 500 est en passe d’enregistrer son premier gain hebdomadaire en quatre semaines, grâce à un timide rebond des valeurs technologiques. Les investisseurs attendent également la décision de la Cour suprême américaine concernant la légalité des tarifs douaniers imposés par Trump.