Publié le 12 février 2026 à 18h04. La Bourse de New York a connu une journée difficile jeudi, marquée par une rotation des investissements hors des valeurs technologiques et une inquiétude croissante concernant la trajectoire de la politique monétaire américaine, tandis que des données économiques mitigées alimentent les incertitudes.
- L’indice Dow Jones Industrial Average (DJIA) a plongé de plus de 555 points (1,1 %).
- Les actions des sept grandes entreprises technologiques (« Big Seven ») ont entraîné la baisse, Apple et Amazon perdant environ 3 % chacune.
- Les ventes de logements existants ont connu leur plus forte baisse mensuelle depuis près de quatre ans, avec un recul de 8,4 % en janvier.
La pression s’intensifie sur le secteur technologique, alors que les investisseurs semblent remettre en question les valorisations élevées et les perspectives de croissance de certaines entreprises, notamment celles liées à l’intelligence artificielle (IA). Cette rotation vers des secteurs plus cycliques, comme la distribution et l’aéronautique, s’est traduite par des gains pour des valeurs comme Walmart (+3 %) et Boeing (+2 %).
La faiblesse du marché a été accentuée par des résultats décevants de Cisco Systems, dont les prévisions de marge bénéficiaire ont pesé sur le titre (-7 % en début de séance). Malgré des bénéfices trimestriels supérieurs aux attentes, McDonald’s n’a pas réussi à profiter de la dynamique positive, son action restant sous pression dans un contexte général d’aversion au risque.
Le marché immobilier continue de montrer des signes de ralentissement, avec une chute significative des ventes de logements existants en janvier. La National Association of Realtors (NAR) a rapporté une baisse de 8,4 %, la plus importante observée depuis près de quatre ans. Lawrence Yun, économiste en chef de la NAR, a souligné que les conditions météorologiques rigoureuses pourraient avoir contribué à ce recul, mais a également mis en garde contre des signaux plus profonds de faiblesse du marché.
L’attention des investisseurs se porte désormais sur la publication du rapport sur l’indice des prix à la consommation (IPC) vendredi. Les données de l’emploi publiées mercredi, qui ont révélé une création de 130 000 emplois en janvier (contre 55 000 attendus), ont déjà freiné les espoirs d’une baisse rapide des taux d’intérêt par la Réserve fédérale (Fed). Selon l’outil FedWatch du groupe CME, les marchés anticipent désormais seulement deux baisses de taux en 2026, la première n’étant pas attendue avant juin au plus tôt.
Un rapport sur l’IPC plus élevé que prévu pourrait encore renforcer la prudence de la Fed et exercer une pression supplémentaire sur un marché boursier déjà volatil. Les investisseurs restent donc en attente de nouvelles données économiques pour évaluer les perspectives d’inflation et l’orientation future de la politique monétaire américaine.
