Publié le 2025-10-17 15:11:00. Une ferme bovine brésilienne a mené une étude de six mois, d’octobre 2023 à mai 2024, pour évaluer l’efficacité de deux traitements acaricides sur de jeunes veaux. L’objectif était de comparer une combinaison de fipronil et fluazuron à un traitement à base de fluralaner face à des parasites récurrents et des maladies transmises par les tiques.
- L’étude s’est déroulée dans un environnement tropical brésilien, au cœur d’une exploitation comptant 4 500 têtes de bétail.
- Deux groupes de 50 veaux ont été constitués, recevant soit une combinaison fipronil/fluazuron (groupe FIFLUA), soit du fluralaner (groupe FLU).
- Des analyses ont été menées pour mesurer la charge parasitaire et évaluer la stabilité enzootique face à des agents pathogènes comme *R. microplus*, *Anaplasma marginale*, *Babesia bovis* et *Babesia bigemina*.
La recherche s’est déroulée dans la municipalité de Rio Verde, dans l’État du Goiás au Brésil, une région caractérisée par un climat tropical avec une saison des pluies marquée (octobre-avril) et une saison sèche (mai-septembre). La ferme expérimentale abrite un cheptel d’environ 4 500 bovins, principalement des croisements Angus et Nelore. Les animaux sont susceptibles d’être infestés par la tique *Rhipicephalus microplus* et sont exposés aux agents pathogènes responsables de la tristeza parasitaire bovine (TPB). Des cas sporadiques de *Anaplasma marginale* ont été observés chez les jeunes veaux. Il est à noter qu’après l’âge de quatre mois, les animaux élevés en pâturage ne présentent plus de symptômes cliniques graves liés à ces maladies, suggérant une stabilisation de l’enzootie.
La gestion des tiques dans cette exploitation suivait depuis une douzaine d’années des pratiques empiriques basées sur l’observation visuelle des animaux. Le traitement conventionnel utilisé était une solution de fipronil (1,25 mg/kg) associée à du fluazuron (2,5 mg/kg). L’acaricide à base de fluralaner, quant à lui, n’avait jamais été appliqué sur cette exploitation avant le début de l’étude.
Protocole expérimental et traitements
L’étude a inclus 100 jeunes veaux (3/4 européens x 1/4 Nelore) n’ayant reçu aucun traitement antiparasitaire depuis leur naissance et naturellement infestés par *R. microplus*. Âgés en moyenne de 25 jours, ils ont été répartis en deux groupes homogènes de 50 animaux : le groupe FIFLUA, traité avec le produit combiné fipronil/fluazuron, et le groupe FLU, traité avec du fluralaner. La période d’observation s’est étendue de l’âge de 25 jours jusqu’au sevrage, survenu vers 241 jours.
Les deux groupes ont été maintenus dans des enclos distincts, de taille et de disponibilité en végétation similaires, assurant une séparation totale pendant toute la durée de l’expérimentation. L’alimentation des veaux reposait sur le lait maternel, complété par du fourrage de *Brachiaria brizantha* et de l’eau à volonté.
Stratégies de traitement contre *R. microplus*
Le groupe FIFLUA a servi de groupe témoin, recevant le traitement déjà en usage sur l’exploitation. Le premier traitement de ce groupe a été effectué à 25 jours, conformément aux pratiques habituelles du personnel agricole. Le groupe FLU a également été traité une première fois à l’âge de 25 jours. Les réapplications de fluralaner étaient déclenchées lorsque plus de 30 % des animaux du lot (soit 15 sur 50) présentaient une infestation par *R. microplus* de moins de 4 mm de longueur, indépendamment du nombre total de tiques par animal. Les inspections visuelles du groupe FLU étaient menées chaque semaine.
Les vaches de chaque groupe ont reçu le même acaricide que leurs veaux, mais une seule fois, au début de l’étude. Avant chaque application d’acaricide, les animaux étaient pesés pour ajuster précisément la dose. Les produits étaient administrés par voie topique, avec un arrondi des doses administrées à l’inférieur de la quantité calculée. Les bovins traités par produits « pour-on » n’ont pas été exposés à la pluie pendant les 48 heures suivant l’application.
Évaluation des infestations et de la stabilité sanitaire
Le décompte des tiques *R. microplus* (femelles, de 4,5 à 8 mm) a été réalisé sur le flanc gauche de chaque veau au début de l’étude (25 jours) pour la répartition des groupes, puis à des âges moyens de 60, 135, 188 et 241 jours (sevrage).
L’évaluation de la stabilité enzootique, c’est-à-dire la capacité d’un troupeau à contrôler les agents pathogènes de la tristeza parasitaire bovine (TPB), a été réalisée par des tests immuno-enzymatiques indirects (iELISA). Ces tests ont détecté les anticorps de type IgG contre *A. marginale*, *Babesia bovis* et *Babesia bigemina* sur des échantillons de sérum ou de sang prélevés sur 15 animaux de chaque groupe aux mêmes dates que les comptages de tiques.
La fréquence d’exposition des animaux aux agents pathogènes de la TPB a été déterminée par réaction quantitative en chaîne par polymérase (qPCR). Des échantillons de sang ont été utilisés pour extraire l’ADN, qui a ensuite été analysé par qPCR. Deux types de tests qPCR ont été employés : un test monoplexe ciblant *A. marginale* et un test duplex pour *B. bovis* et *B. bigemina*. Chaque analyse incluait des contrôles négatifs et positifs. Les tests qPCR ont été réalisés sur un thermocycleur spécifique, avec des conditions de cycle thermique optimisées. Les échantillons négatifs ont été vérifiés par PCR conventionnelle pour confirmer la qualité de l’extraction de l’ADN.
Un troupeau est considéré comme enzootiquement stable face à *Babesia* spp. et *A. marginale* si plus de 75 % des animaux sont séropositifs. Dans cette étude, cette définition a été appliquée pour chacun des trois agents pathogènes, la qPCR servant à confirmer la fréquence d’exposition.
Détection de la parasitémie et de la bactériémie
Des frottis sanguins ont été réalisés tout au long de l’expérience pour quantifier la parasitémie due aux *Babesia* spp. et la bactériémie à *A. marginale* chez les veaux. Bien que cette méthode ne soit pas jugée suffisamment sensible pour l’évaluation de la stabilité enzootique, elle a permis d’obtenir des données parasitologiques sur tous les animaux des deux groupes aux âges de 25, 60, 135, 188 et 241 jours. Les échantillons de sang, prélevés à l’extrémité de la queue, ont été colorés au Giemsa et examinés au microscope.
Traitement de soutien des animaux
Pour assurer le bien-être des animaux, tout veau présentant des signes cliniques de la TPB recevait un traitement de soutien. Ce traitement consistait en une injection de diminazène (3,5 mg/kg) associée à de l’enrofloxacine (7,5 mg/kg) administrée par voie intramusculaire. Les signes cliniques incluaient un affaissement de la tête, des oreilles et des paupières, un isolement du troupeau ou une incapacité à suivre le groupe lors des déplacements. Dans de tels cas, l’animal était identifié, la date enregistrée, et un frottis sanguin était effectué pour confirmer le diagnostic de l’agent pathogène responsable.
Analyse statistique
Les données relatives aux comptages de tiques et aux tests sérologiques ne respectaient pas les critères de normalité, d’homogénéité de la variance ou de caractère aléatoire des résidus, même après une transformation logarithmique. Par conséquent, les comparaisons entre les groupes expérimentaux ont été effectuées à l’aide du test de Kruskal-Wallis. Toutes les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SAS version 9.4, et une valeur de P inférieure à 0,05 a été considérée comme statistiquement significative.