Publié le 14 octobre 2025. Le Fonds Monétaire International (FMI) anticipe une croissance économique irlandaise record en 2025, la plus forte parmi les pays avancés. Cette projection, issue des dernières « Perspectives de l’économie mondiale », met en lumière une performance exceptionnelle portée notamment par le secteur pharmaceutique, tout en révisant à la baisse les perspectives pour 2026.
- L’Irlande devrait connaître la croissance la plus rapide des économies avancées en 2025, avec une prévision de PIB de 9,1 %.
- Les exportations pharmaceutiques, notamment stimulées par une anticipation des droits de douane américains, ont joué un rôle clé dans cette performance.
- Le FMI a par ailleurs relevé ses prévisions de croissance mondiale pour 2025, tablant sur un impact « modeste » des tensions commerciales.
Selon les dernières « Perspectives de l’économie mondiale » (PEM) publiées par le Fonds Monétaire International (FMI), l’économie irlandaise s’apprête à enregistrer la croissance la plus dynamique parmi les pays les plus développés en 2025. Le FMI projette une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 9,1 %, prenant en compte l’impact des multinationales. Cette prévision représente un net rebond par rapport à l’estimation de 2,3 % formulée en avril, bien qu’elle reste inférieure à la projection de 10,8 % du ministère des Finances irlandais dans son dernier budget.
Ce dynamisme s’explique en grande partie par une forte envolée des exportations de produits pharmaceutiques au cours du premier trimestre de l’année. Le rapport du FMI souligne que cette performance irlandaise a « contribué de manière disproportionnée à la croissance de la zone euro » lors de cette période. Le secteur pharmaceutique aurait notamment bénéficié d’une anticipation des droits de douane américains. Par ailleurs, le FMI a légèrement révisé à la hausse les prévisions de croissance pour la zone euro, qui devrait atteindre 1,2 % cette année.
Malgré ces excellents chiffres pour 2025, le FMI a néanmoins revu à la baisse ses perspectives de croissance pour l’Irlande l’année suivante, passant de 2,1 % en avril à 1,3 % pour 2026. Ce chiffre reste toutefois supérieur à la prévision gouvernementale d’une croissance du PIB de 1 % pour la même année. Concernant l’inflation, le FMI s’attend à ce qu’elle s’établisse en moyenne à 1,7 % en Irlande en 2025, avec une tendance similaire attendue pour 2026. Les niveaux d’emploi devraient demeurer solides, le taux de chômage étant projeté à 4,6 % pour 2025 et 2026.
Le FMI revoit ses ambitions mondiales à la hausse
Dans un contexte global marqué par les tensions commerciales, le FMI a relevé ses prévisions de croissance mondiale pour 2025. L’institution financière anticipe désormais une expansion de 3,2 %, contre 3 % précédemment, tout en maintenant sa prévision de 3,1 % pour 2026. Selon le FMI, l’impact économique des politiques tarifaires, notamment celles mises en place par les États-Unis, s’avère « modeste » jusqu’à présent. Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du FMI, a salué la capacité du secteur privé à réagir de manière agile face à ces tarifs douaniers. D’autres facteurs, tels que le boom de l’intelligence artificielle et les politiques budgétaires en Europe et en Chine, ont également contribué à soutenir l’économie mondiale. Cependant, le FMI met en garde contre des risques persistants à la baisse liés à l’incertitude commerciale.
Dynamiques contrastées entre les grandes puissances
Les États-Unis voient leurs perspectives de croissance légèrement revalorisées à 2 % pour 2025 et 2,1 % pour 2026, bien que cela représente un ralentissement par rapport aux 2,8 % enregistrés en 2024. La Chine, quant à elle, devrait voir son économie ralentir à 4,8 % en 2025, puis à 4,2 % en 2026, conformément aux estimations précédentes. Ce ralentissement est attribué à une réduction des exportations nettes, partiellement compensée par une demande intérieure croissante soutenue par des « politiques de relance ». En Asie, le FMI a également revu à la hausse ses prévisions pour l’Inde (6,6 % en 2025) et le Japon (1,1 % en 2025).
Europe : une reprise lente et contrastée
Les perspectives pour l’Europe se sont légèrement améliorées, la zone euro prévoyant désormais une croissance de 1,2 % en 2025 et de 1,1 % en 2026. Bien que reflétant une légère augmentation, ces chiffres restent nettement inférieurs à ceux observés aux États-Unis, soulignant les défis auxquels sont confrontées les économies européennes. L’Allemagne devrait enregistrer une croissance de 0,2 % en 2025, suivie d’un rebond à 0,9 % l’année suivante. La France, en proie à une crise politique, verrait sa croissance ralentir à 0,7 % en 2025 avant de remonter à 0,9 % en 2026. L’Espagne fait figure d’exception positive avec une croissance attendue de 2,9 % en 2025 et 2 % en 2026. Au Royaume-Uni, la croissance devrait atteindre 1,3 % en 2025 et l’année suivante. L’économie russe devrait connaître un ralentissement marqué, avec une croissance limitée à 0,6 % en 2025, contre 4,3 % en 2024.