La Banque d’Angleterre pourrait être contrainte d’assouplir sa politique monétaire plus tôt que prévu, tandis que les marchés restent attentifs aux signaux de la Réserve fédérale américaine. Une conjoncture économique britannique fragilisée et une demande soutenue de métaux précieux en Inde influencent actuellement les tendances mondiales.
Le marché du travail britannique montre des signes de faiblesse, avec un taux de chômage en hausse à son plus haut niveau depuis cinq ans et un ralentissement de la croissance des salaires. Cette situation a poussé les marchés à parier massivement sur des baisses de taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre, avec une probabilité désormais estimée à 3,25 % pour au moins deux réductions cette année, contre environ 50 % début février. BBVA anticipe même que la livre sterling pourrait continuer à s’affaiblir si les prévisions de baisses de taux se concrétisent à hauteur d’un tiers.
Aux États-Unis, les membres du Comité fédéral de la politique monétaire (FOMC) insistent sur la nécessité de preuves supplémentaires d’une convergence vers l’objectif d’inflation de 2 %. Michael Barr, membre du FOMC, et Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, ont souligné ce point. La présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, a quant à elle mis en avant le potentiel de l’intelligence artificielle à stimuler la croissance économique sans pour autant alimenter l’inflation, une perspective soutenue par Kevin Warsh.
Une enquête menée par Bank of America auprès de gestionnaires d’actifs révèle que 38 % d’entre eux anticipent un affaiblissement du dollar américain et une hausse des rendements des bons du Trésor sous la direction de Kevin Warsh. 21 % prévoient une baisse simultanée du dollar et des rendements des bons du Trésor.
Par ailleurs, la demande indienne de métaux précieux reste forte. En janvier, les importations du pays ont atteint 12 milliards de dollars (et 2 milliards de dollars d’or), un niveau presque record, dépassé seulement par les 14,7 milliards de dollars et 2,7 milliards de dollars enregistrés en octobre. L’absence de la Chine, principal acheteur spéculatif, en raison des célébrations du Nouvel An lunaire, freine cependant une accélération plus importante des prix de l’or et de l’argent.
Enfin, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que la Banque du Japon relèvera ses taux d’intérêt à trois reprises d’ici 2026-2027, les portant à un niveau neutre de 1,5 %. Cette politique, combinée à un rapatriement de capitaux, devrait soutenir une baisse du taux de change.