Publié le 8 février 2024 07:57:00. Pour soutenir sa monnaie et renforcer sa stabilité économique, le Ghana impose de nouvelles restrictions aux investissements de ses fonds locaux à l’étranger, une mesure s’inscrivant dans une stratégie plus large de rétention des capitaux.
- La Securities and Exchange Commission (SEC) ghanéenne limite désormais à 20 % le pourcentage des actifs sous gestion que les fonds locaux peuvent investir dans des titres étrangers.
- Cette décision fait suite aux efforts du président John Dramani Mahama pour encourager le maintien des capitaux au Ghana et dans la région.
- Le Ghana vise à porter ses réserves de change à plus de 20 milliards de dollars d’ici 2029.
Le Ghana, un acteur majeur sur le marché de l’or et du cacao, est engagé dans un processus de redressement économique après une période de crise prolongée. Le pays devrait finaliser en août un programme de soutien triennal avec le Fonds monétaire international (FMI).
Dans une circulaire publiée vendredi soir, la SEC a précisé que les fonds qui étaient auparavant autorisés à investir la totalité de leurs actifs à l’étranger verront désormais ce plafond abaissé à 70 %, selon l’agence Reuters. De plus, les investissements dans des titres étrangers ne seront autorisés qu’avec des juridictions ayant conclu des accords de partage d’informations avec la SEC du Ghana.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus globale menée par le président John Dramani Mahama visant à conserver les capitaux au sein de l’économie nationale et régionale. Mahama a récemment souligné qu’une part importante des réserves de change de l’Afrique (43 milliards de dollars) restent bloquées dans les institutions financières occidentales, limitant ainsi la capacité du continent à financer son propre développement.
Le Ghana s’est fixé un objectif ambitieux : augmenter ses réserves de change à plus de 20 milliards de dollars d’ici 2029. Selon Mahama, cette augmentation est essentielle pour restaurer la stabilité macroéconomique et renforcer la résilience du pays face aux chocs économiques mondiaux. Des réserves plus importantes permettraient au Ghana de faire face à ses obligations internationales sans dépendre excessivement du financement extérieur, tout en contribuant à stabiliser le cedi, à protéger l’économie de la volatilité des marchés et à améliorer la confiance des investisseurs, en particulier dans un contexte de conditions financières mondiales plus strictes pour de nombreuses économies africaines.