Publié le 2026-02-21 21:16:00. Des informations circulant sur les réseaux sociaux concernant la capture de Tareck El Aïssami et de Samark López, figures clés du régime vénézuélien, sont nuancées : leur statut de « capturés » sur le site de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) des États-Unis remonte à plus d’un an et ne signifie pas une arrestation récente ou une extradition.
- Le site de l’ICE indique Tareck El Aïssami et Samark López comme « capturés », mais cette mention existe depuis au moins septembre 2025.
- Cette classification ne prouve ni leur détention actuelle aux États-Unis, ni une extradition imminente.
- L’ICE maintient les désignations de ces individus pour trafic de drogue, remontant à 2017 pour El Aïssami.
La mention « capturé » affichée sur le site de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à l’égard de Tareck El Aïssami, ancien ministre du Pétrole vénézuélien, et de son opérateur financier, Samark José López, a suscité des interrogations. Cependant, selon les vérifications du portail Chasseurs de fausses nouvelles, cette indication n’est pas nouvelle et ne correspond pas aux récents développements politiques au Venezuela, notamment la capture de Nicolás Maduro à Caracas le 3 janvier.
En réalité, l’étiquette « capturé » est visible sur les profils d’El Aïssami et de López depuis au moins septembre et octobre 2025. Un internaute avait déjà remarqué cette mention le 29 septembre 2025, et les archives internet du site Machine de retour confirment que l’état des dossiers d’El Aïssami et de López était identique à cette date.
L’ICE maintient ses désignations pour trafic de drogue
L’ Immigration and Customs Enforcement rappelle que Tareck El Aïssami a été désigné comme trafiquant de drogue spécialement désigné (SDNT) par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain dès février 2017.
Selon l’organisation, l’ancien ministre du Pétrole aurait facilité l’acheminement de stupéfiants, supervisé des envois dépassant les 1 000 kilos et utilisé ses fonctions officielles pour participer au trafic international de drogue.
Les États-Unis ont également offert une récompense de 5 millions de dollars pour la capture de Samark López, considéré par le Trésor comme le principal associé d’El Aïssami.
Pression de Washington
La réapparition de la mention « capturé » coïncide avec une pression accrue de Washington sur le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez, suite à la capture de Maduro.
Selon le quotidien espagnol abc, l’administration américaine exigerait l’autorisation d’enquêter sur neuf hauts fonctionnaires, dont Nicolás Ernesto Maduro Guerra, Walter Jacob Gavidia Flores, Alex Saab et Raúl Gorrin, aux côtés d’El Aïssami et López Bello, afin de démanteler les réseaux de corruption.
La disgrâce d’El Aïssami a débuté en mars 2023, lorsqu’il a démissionné suite au scandale dit PDVSA-Cripto, impliquant des détournements de fonds estimés à plus de 21 milliards de dollars via la commercialisation illégale de pétrole brut et l’utilisation d’actifs cryptographiques.
Depuis lors, il était absent de la sphère publique jusqu’à son arrestation, le 9 avril 2024, avec Simón Zerpa et Samark López, accusés de trahison, d’appropriation de biens publics, de blanchiment d’argent et d’association de malfaiteurs, selon le procureur Tarek William Saab.
Les vérifications indépendantes et les archives historiques démontrent que l’étiquette « capturé » sur le site de l’ICE n’est pas liée aux événements de 2024 ni à la nouvelle configuration du pouvoir au Venezuela. Il s’agit d’une indication présente sur les profils depuis au moins un an et demi, qui ne confirme ni une arrestation aux États-Unis, ni de nouvelles procédures judiciaires.