Publié le 28 octobre 2025, 19h06. Face à une situation budgétaire jugée critique, plus d’une douzaine de maires de capitales régionales allemandes ont adressé une lettre ouverte au chancelier Friedrich Merz et aux ministres-présidents pour réclamer une refonte profonde du financement des communes. Ils tirent la sonnette d’alarme, affirmant que les municipalités ont atteint leurs limites financières.
- Les édiles dénoncent un « fossé grandissant » entre les recettes et les dépenses communales.
- Ils demandent une compensation intégrale des coûts liés aux nouvelles législations fédérales.
- L’initiative réclame également une prise en charge des « anciennes dettes » municipales par le gouvernement fédéral et les Länder.
La lettre, relayée par le « Süddeutsche Zeitung », met en lumière les difficultés financières des villes, exacerbées par la hausse des coûts sociaux et le sous-financement des compétences transférées, comme l’introduction du Deutschlandticket pour les transports publics. Frank Nopper, maire (CDU) de Stuttgart et initiateur de cette démarche inédite, a exprimé l’urgence de la situation :
« Le gouvernement fédéral doit enfin comprendre : les communes sont absolument à la limite de leurs capacités. Nous n’en pouvons plus ! »
Frank Nopper, maire de Stuttgart
Les signataires exigent l’application du principe « qui commande, paie » dans les relations entre la Confédération et les communes. Ils souhaitent que toute nouvelle loi fédérale susceptible d’entraîner des charges futures pour les municipalités prévoie une compensation financière « complète et appropriée » dès sa conception. La demande s’étend aux décisions passées : les maires estiment que le gouvernement fédéral doit rectifier le tir soit en augmentant la part des communes dans la taxe sur le chiffre d’affaires, soit en les déchargeant de certaines responsabilités. Une autre revendication concerne la reprise des « anciennes dettes » – des découverts excessifs des communes liés, selon eux, à un financement insuffisant des tâches qui leur sont confiées.
Cette mobilisation transpartisane regroupe les maires de toutes les capitales des 13 Länder allemands, allant du SPD à Kiel au parti Vert à Hanovre, en passant par une élue sans étiquette à Potsdam et un représentant du FDP à Dresde, ville où le chancelier Merz était invité le jour de la publication de l’article.