Publié le 2024-05-16 10:00:00. Le gouverneur de Java Ouest, Dedi Mulyadi, a vigoureusement démenti les accusations du ministre des Finances, Purbaya Yudhi Sadewa, selon lesquelles sa province aurait accumulé des fonds publics astronomiques sur des comptes bancaires au lieu de les investir dans le développement. La polémique alimente un vif débat sur la gestion des deniers publics à l’échelle régionale.
- Le gouverneur de Java Ouest nie détenir 4,1 billions de roupies en dépôts à intérêt.
- Les fonds provinciaux sont considérés comme des fonds de roulement, non des dépôts, et sont utilisés pour les dépenses courantes.
- Le ministre des Finances maintient ses affirmations, s’appuyant sur des données de la Banque d’Indonésie.
La controverse a éclaté lorsque le ministre des Finances, Purbaya Yudhi Sadewa, a pointé du doigt 15 gouvernements régionaux, dont Java Ouest, pour détenir d’importants soldes de trésorerie dans les banques. Selon lui, ces sommes considérables devraient être mobilisées pour des programmes de développement. Java Ouest serait ainsi concernée par une somme de 4,1 billions de roupies (environ 247 millions de dollars américains) qui, selon les allégations, serait gardée en dépôt pour générer des intérêts.
Face à ces accusations, Dedi Mulyadi a rapidement réagi, affirmant avoir vérifié la situation auprès de la Banque d’Indonésie et du ministère de l’Intérieur. Il soutient qu’aucun tel dépôt n’existe. La Banque d’Indonésie aurait confirmé qu’il ne s’agit pas de 4,1 billions de roupies en « dépôts à terme », mais plutôt de 3,8 billions de roupies (environ 226 millions de dollars américains) détenus sur des comptes courants (« giro »). Ces fonds, selon le gouverneur, sont destinés à financer les projets d’infrastructure, les salaires des fonctionnaires, les missions officielles, les services publics et le personnel externalisé. « Aucun fonds du gouvernement provincial n’est stocké pour rapporter des intérêts », a insisté Mulyadi.
Le ministre Purbaya Yudhi Sadewa, de son côté, maintient ses propos et invite le gouverneur à vérifier par lui-même les informations. Il assure que ses données proviennent directement de la Banque d’Indonésie, dont les registres sont mis à jour régulièrement. Selon les chiffres avancés par le ministre, le montant total des fonds publics détenus par les entités régionales sur des comptes à la Banque d’Indonésie s’élèverait à 234 000 milliards de roupies (environ 14 milliards de dollars américains). Ce montant se répartirait entre les régence (134 200 milliards de roupies), les provinces (60 200 milliards de roupies) et les villes (39 500 milliards de roupies). Jakarta et Java Est seraient notamment concernées, avec respectivement 14,68 billions de roupies et 6,8 billions de roupies en avoirs bancaires.
La tension est palpable, Dedi Mulyadi ayant publiquement sommé le ministre des Finances de présenter des preuves concrètes, l’accusant de « répandre des accusations sans fondement ». La réponse de Purbaya Yudhi Sadewa fut pour le moins cinglante : « Je ne suis pas un employé du gouvernement de Java occidental. S’il veut des preuves, il peut vérifier par lui-même. » Le ministre a également souligné la cohérence de ses informations avec celles du ministère de l’Intérieur, suggérant que les subordonnés du gouverneur pourraient être à l’origine d’un éventuel « mépris » de sa part.