Publié le 2025-10-08 05:01:00. Le président argentin Javier Milei, en pleine crise économique et politique, a organisé un spectacle dans une arène, suscitant des critiques du journal britannique *The Guardian* qui y voit un signe de déclin plutôt que de résolution des problèmes du pays.
- Le président argentin Javier Milei a donné un spectacle dans une arène, transformé en « rock star », tandis que l’Argentine traverse une profonde crise économique et politique.
- Le journal britannique *The Guardian* a critiqué cet événement, le qualifiant de « mise en scène plus proche du spectacle que de la politique », alors que le pays est confronté à des ajustements douloureux et à une chute du pouvoir d’achat.
- Des analystes argentins voient cette démarche comme une « stratégie désespérée » visant à « revitaliser un mythe épuisé » face à la réalité quotidienne des Argentins.
La scène, qui a réuni environ 15 000 personnes, a vu Javier Milei, vêtu d’un sac et de trois chemises, se produire sur des airs des années 1980, dans ce que le journal britannique a décrit comme une tentative de « se transformer en une icône pop ». Cette performance survient dans un contexte particulièrement difficile pour l’Argentine, marquée par des promesses de révolution économique et morale qui semblent s’être échouées face aux conflits internes, aux scandales de corruption – notamment celui impliquant sa sœur, Karina Milei, secrétaire générale de la présidence – et à une perte de soutien significative.
« C’était une mise en scène plus proche du spectacle que de la politique », a résumé *The Guardian*, soulignant la dissonance entre cet événement et les mesures d’austérité touchant les retraités et les hôpitaux, ainsi qu’une forte baisse du niveau de vie. La chronique britannique a qualifié la présentation de « surréaliste » au cœur de la crise argentine.
Les réactions des analystes cités dans l’article sont sans appel. Paola Zuban, politologue, décrit Milei comme « un président en déclin économique, politique et social ». Facundo Nejamkis, directeur de l’opinion argentine, interprète ce récital comme une tentative de « revitaliser un mythe épuisé » à un moment où l’image du gouvernement se heurte aux difficultés quotidiennes de millions d’Argentins.
La situation économique de l’Argentine reste critique, avec une inflation galopante et une chute brutale du pouvoir d’achat, aggravée par des ajustements qui affectent des secteurs clés comme les retraites, les hôpitaux et les universités. Le pays a également été le théâtre de manifestations de mécontentement public, notamment en août, suite à un scandale de corruption impliquant Karina Milei. Parallèlement, le parti présidentiel, La Libertad Avanza, a subi une lourde défaite lors des élections provinciales à Buenos Aires en septembre. Dans ce climat, une déclaration de Donald Trump, annonçant un soutien potentiel de 20 milliards de dollars, a ajouté une dimension internationale à la crise.
Au sein même de l’arène, les réactions du public étaient partagées. « Le pays est un désastre, nous n’allons pas dire que c’est génial », a confié Oscar Luis Osorio, un marchand de 54 ans, déguisé en lion. Un jeune homme a exprimé un optimisme plus mesuré : « Nous devons attendre, la moitié du mandat est toujours manquante. » Pour *The Guardian*, l’événement témoigne d’un président qui privilégie la construction de sa propre image à la recherche de solutions concrètes face à la crise profonde que traverse l’Argentine.