Publié le 8 octobre 2025 – 12:02. L’optimisme règne dans les négociations indirectes entre le Hamas et Israël, menées en Égypte, dans l’espoir d’un accord de cessez-le-feu à Gaza. Le Hamas a confirmé avoir échangé avec la partie israélienne des listes de prisonniers à libérer dans le cadre d’un possible échange d’otages.
- Le Hamas se montre confiant quant aux avancées des pourparlers en cours en Égypte.
- Des échanges de listes de prisonniers ont eu lieu entre le Hamas et Israël.
- Plusieurs émissaires internationaux, dont des représentants américains, qataris et turcs, sont attendus pour renforcer les discussions.
Les pourparlers se déroulent à Charm el-Cheikh, deux ans après le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Ces négociations s’appuient sur un plan américain en 20 points, annoncé fin septembre par le président Donald Trump, qui inclut un cessez-le-feu, le retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza et le désarmement du Hamas.
« Les médiateurs déploient de grands efforts pour aplanir tous les obstacles à la mise en œuvre des différentes étapes du cessez-le-feu, et l’optimisme prévaut parmi tous les participants », a déclaré Taher Al Nunu, un dirigeant du Hamas impliqué dans les discussions, contacté par téléphone par l’AFP.
Des responsables américains, qataris et turcs sont attendus mercredi pour rejoindre les discussions. Le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdulrahman Al Thani, devait arriver dans la matinée, selon le ministère des Affaires étrangères de l’émirat. L’envoyé de Donald Trump, Steve Witkoff, et Jared Kushner, son gendre et conseiller, sont également censés participer, a indiqué le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdeatty. Une délégation turque, menée par le chef des services de renseignement Ibrahim Kalin, rejoindra aussi les négociations, selon l’agence de presse turque Anadolu.
La Turquie, qui entretient des liens étroits avec le Hamas, a vu son président, Recep Tayyip Erdoğan, déclarer que Donald Trump avait sollicité Ankara pour convaincre le Hamas de négocier la paix avec Israël. Le président américain a lui-même évoqué mardi une « véritable opportunité » de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.
Le Qatar, l’Égypte et les États-Unis jouent un rôle de médiateurs dans ce conflit, mais leurs efforts n’ont pas encore abouti à un cessez-le-feu durable. Deux trêves antérieures, en novembre 2023 et début 2025, avaient permis des échanges d’otages ou de corps de captifs contre des prisonniers palestiniens, avant d’être rompues.
Le Hamas a répondu positivement au plan de Trump, mais plusieurs points restent en suspens. Mardi, jour du deuxième anniversaire de l’attaque du mouvement contre Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmé sa détermination à atteindre tous les objectifs de la guerre à Gaza, notamment la libération de « tous les otages » et « la destruction de la capacité du Hamas ».
« Nous voulons des garanties » de la part de Trump et des médiateurs que la guerre à Gaza « prendra fin une fois pour toutes », a déclaré Khalil al-Hayya, négociateur en chef du Hamas, présent en Égypte. « Nous n’avons pas confiance » en Israël, a-t-il ajouté.
Selon une source palestinienne proche des négociateurs du Hamas, « la partie israélienne a présenté mardi ses premières propositions sur le retrait des troupes, ainsi que le mécanisme et le calendrier de l’échange d’otages et de prisonniers ». Dans sa réponse au plan de Trump, le Hamas avait accepté de libérer les captifs, mais exigeait la fin de l’offensive israélienne et le retrait total d’Israël de Gaza, sans mentionner son propre désarmement, un point clé de la proposition américaine. Benjamin Netanyahu a soutenu le plan, mais a insisté sur le maintien de l’armée israélienne dans une grande partie de Gaza et le désarmement du Hamas.
L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a causé la mort de 1 219 personnes, majoritairement des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 47 sont toujours retenues à Gaza, dont 25 sont décédées, d’après l’armée.
En riposte, Israël a lancé une offensive militaire qui a dévasté le territoire palestinien, provoqué une catastrophe humanitaire et entraîné, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, plus de 67 160 morts, également principalement des civils. L’ONU a déclaré l’état de famine dans une partie de Gaza et des chercheurs indépendants de l’organisation affirment qu’Israël commet un « génocide », ce que les plus hautes autorités israéliennes réfutent.