Phnom Penh, 20 octobre 2025. Le Cambodge accuse la Thaïlande de mener une guerre psychologique à sa frontière en diffusant des sons étranges et perturbateurs. Ces accusations interviennent alors que les deux pays s’efforcent de maintenir la paix après un récent cessez-le-feu.
- Le Cambodge a saisi les Nations unies suite à la diffusion de « voix fantômes » aiguës le long de la frontière.
- Des témoignages font état de cris d’animaux, de pleurs d’enfants, et de bruits industriels diffusés chaque nuit.
- Un militant thaïlandais a revendiqué la paternité de ces nuisances sonores, affirmant agir avec l’accord de l’armée.
Phnom Penh accuse Bangkok de mener une campagne de guerre psychologique à sa frontière commune. Des sons mystérieux, décrits comme des « voix fantômes » aiguës, seraient diffusés chaque nuit depuis le 10 octobre 2025 à l’aide de haut-parleurs. Le Cambodge estime que ces nuisances visent à semer la peur et le désarroi parmi les populations locales, affectant leur bien-être et leur quotidien.
Le président du Sénat cambodgien, Hun Sen, a fait part de sa préoccupation dans une lettre adressée au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk. La Commission cambodgienne des droits de l’homme (HAM) a également été saisie de l’affaire. Selon des rapports d’organisations de défense des droits humains, les sons diffusés incluent des enregistrements de chiens hurlant, de pleurs d’enfants, du rugissement d’hélicoptères et du cliquetis de chaînes de fer. Ces bruits, souvent perçus comme angoissants, persistent durant de longues périodes, perturbant le sommeil et générant une profonde inquiétude.
Cette escalade des tensions intervient dans un contexte diplomatique déjà fragile. En juillet dernier, le Cambodge et la Thaïlande avaient convenu d’un cessez-le-feu sous la médiation du Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim. La diffusion de ces sons nocturnes jette une ombre sur les efforts de pacification, alors que la situation à la frontière demeure tendue.
Hun Sen a affirmé que ces tactiques constituaient une « violation flagrante des droits de l’homme ». Dans sa missive au HCDH, il souligne que les nuisances sonores ont un impact particulièrement néfaste sur les groupes vulnérables, tels que les femmes, les enfants, les personnes âgées, les malades et les personnes handicapées, provoquant chez eux anxiété et inconfort physique.
Le responsable cambodgien a également pris contact avec le vice-Premier ministre malaisien, Ahmad Zahid Hamidi, pour discuter de cette campagne de bruit. Il a réitéré ses remerciements à Anwar Ibrahim pour son rôle de médiateur, tout en soulignant la persistance des tensions sur le terrain.
Les conséquences de ces nuisances sur la santé mentale des enfants ont été particulièrement soulignées par la Coalition cambodgienne pour les droits des enfants. Yan Lay, directeur exécutif de l’organisation, a alerté sur le fait que ces bruits effrayants perturbent le sommeil des jeunes, entraînant cauchemars et crises de panique. De plus, l’impact sur le suivi scolaire est significatif, de nombreux enfants développant une peur qui nuit à leur concentration et à leur assiduité.
Dans un développement inattendu, un militant et influenceur thaïlandais, Kannawat Pongpaibulwech, aurait revendiqué la responsabilité de la diffusion de ces sons. Selon des informations rapportées par le média The Nation, il aurait agi avec l’autorisation de l’armée thaïlandaise supervisant la région frontalière.