Publié le 25 février 2026 à 17h02. Le Japon va renforcer sa présence militaire près de Taïwan en déployant des missiles sol-air sur l’île de Yonaguni d’ici 2031, une décision qui intervient dans un contexte de tensions croissantes avec Pékin.
Le gouvernement japonais a annoncé son intention de déployer des missiles sol-air sur l’île de Yonaguni, située à environ 110 kilomètres (68 miles) à l’est de Taïwan, d’ici mars 2031. C’est la première fois que Tokyo précise un calendrier pour ce déploiement, initialement annoncé en 2022.
Le ministre de la Défense japonais, Shinjiro Koizumi, a précisé que le déploiement se ferait durant l’exercice fiscal 2030, qui se termine en mars 2031. Il a également indiqué qu’une réunion d’information serait organisée la semaine prochaine pour les habitants de Yonaguni, une île comptant une base militaire japonaise et environ 160 membres des Forces d’autodéfense.
Cette annonce intervient alors que les relations entre Tokyo et Pékin sont tendues. La Chine a récemment imposé des restrictions à l’exportation à une vingtaine d’entreprises japonaises, accusées de contribuer au renforcement militaire du Japon. En réaction, le Premier ministre japonais Sanae Takaichi avait suggéré en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, une île que la Chine considère comme une province renégate.
La Chine n’a pas encore réagi officiellement à l’annonce du déploiement des missiles. Cependant, Wang Yi, le principal diplomate chinois, avait déjà accusé les forces japonaises de chercher à « raviver le militarisme » lors de la Conférence de Munich sur la sécurité début février 2026.
Sanae Takaichi a défendu la nécessité de renforcer les capacités de défense du Japon, soulignant que la Chine intensifie ses tentatives de modifier le statu quo « par la force ou la coercition » en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale.
AFP