Publié le 2025-10-29 21:48:00. Bamako a procédé à une vaste révocation de permis d’exploration minière, affectant des filiales de grands groupes internationaux et visant à renforcer la conformité aux nouvelles réglementations du secteur. Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de réformes minières observé dans plusieurs pays africains.
Le gouvernement malien a annulé plus de 90 permis d’exploration minière, affectant notamment des filiales locales de groupes tels que Harmony Gold, IAMGOLD, Cora Gold, Birimian Gold et Resolute Mining. Ces permis, délivrés entre 2015 et 2022, concernaient l’exploration d’une large gamme de minéraux, dont l’or, le minerai de fer, la bauxite, l’uranium et les terres rares. Selon un communiqué du ministère des Mines, ces annulations font suite à un « non-respect généralisé » des nouvelles exigences légales par les détenteurs de permis.
« Les titulaires de permis ont été invités à soumettre les documents requis en vertu des nouvelles règles minières, mais après vérification, les autorités ont constaté un non-respect généralisé », a précisé le ministère. « En conséquence, le gouvernement a annulé les permis conformément à la législation minière. » Le décret officiel stipule que les droits conférés par ces permis sont désormais « libérés » et les zones concernées rouvertes à la réattribution. Le ministère n’a pas précisé les voies de recours possibles pour les entreprises affectées.
Cette décision s’inscrit dans une tendance de renforcement de la gouvernance des ressources naturelles en Afrique. D’autres pays du continent ont récemment réformé leur cadre réglementaire minier, annulant des permis jugés inactifs ou non conformes et introduisant des règles plus strictes afin d’accroître les revenus nationaux issus de l’exploitation minière.
Parmi les entreprises concernées, Cora Gold a indiqué avoir renoncé volontairement à ses permis il y a plus de deux ans et n’avoir reçu aucune mise en demeure préalable. Le groupe a précisé que cette annulation tardive n’avait aucun impact opérationnel et ne nécessitait pas de réponse particulière. Harmony Gold, IAMGOLD, Birimian Gold et Resolute Mining n’ont pas commenté la décision dans l’immédiat.
Le Mali, l’un des principaux producteurs d’or en Afrique, voit son secteur minier, pilier de ses revenus et de ses exportations, affecté par des mesures réglementaires plus strictes et un contexte sécuritaire complexe. La production industrielle d’or pourrait ne pas atteindre les objectifs fixés pour 2025, notamment en raison de perturbations affectant la plus grande mine du pays, Loulo-Gounkoto, opérée par Barrick Gold.
Parallèlement, le gouvernement de transition malien intensifie ses liens avec la Russie, scellant des accords dans les domaines énergétique et minier. Ces partenariats incluent des projets conjoints dans les secteurs du lithium et de l’énergie solaire, ainsi qu’un accord d’approvisionnement en pétrole et produits agricoles. Ces initiatives font suite à des collaborations antérieures dans l’or, l’uranium et le lithium, ainsi qu’à la construction d’une raffinerie d’or à Bamako soutenue par la Russie.